Présidentielle : les candidats face à la défiance des Français

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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Pour des raisons différentes, les trois principaux candidats à la présidentielle provoquent la colère des électeurs qui estiment qu'ils profitent du système.

La politique c’est le climat tendu de cette campagne présidentielle autour des principaux prétendants : François Fillon, Marine le Pen et Emmanuel Macron, pour des raisons différentes, tous les trois suscitent de la colère.

Il y a un climat pourri dans cette campagne, avec une colère qui monte et qui s’exprime quasi quotidiennement. Sifflets et contre manif pour Marine Le Pen en meeting dans le Jura, déplacements systématiquement perturbés par des concerts de casseroles pour François Fillon et Emmanuel Macron pris à parti à Carpentras pour ses propos sur la colonisation. Bien sûr il ne faut pas tout mélanger, les propos d’Emmanuel Macron sur la colonisation ou sur la manif pour tous, n’ont rien à voir avec l’affaire d’emploi présumé fictif de madame Fillon, pas plus que le rejet toujours vif que suscite Marine le Pen dans une partie de l’électorat. Mais le résultat est à chaque fois le même : une colère adressée directement, parfois violemment, aux principaux intéressés. Des Sentiments mêlés que les politiques n’apportent pas de réelles solutions aux problèmes des Français, en tête le chômage. De surcroît, ils profitent du système, y compris Marine Le Pen avec le Parlement européen, et ils montent les Français les uns contre les autres au lieu de les rassembler.

La campagne c’est le temps du choix, ensuite viendra le temps de rassembler. Ce sera très compliqué quel que soit le vainqueur ?

On n’est pas dans un climat d’insurrection populaire, mais la défiance à l’égard des politiques est au cœur de la campagne, celui qui sera désigné sera le moins pire, le moins rejeté, pas le plus attendu, ni le plus désiré. Et non, le rassemblement ne se fera pas en 24 heures au lendemain du second tour. La meilleure illustration c’est  le cas François Fillon, soutenu par son camp puisque 70% des sympathisants les Républicains veulent qu’il aille au bout. Mais 65 % des Français dans leur ensemble ne le souhaitent pas selon l’IFOP pour le JDD. Comment rassembler avec un tel niveau de rejet ? Candidats, candidates ne vous y  trompez pas : aucun d’entre vous n’échappera à un travail de chirurgie méticuleux, fastidieux et incertain pour suturer les plaies d’une campagne présidentielle qui tient plus de la boucherie que du débat d’idées. Pas même Emmanuel Macron qui est revenu sur terre après avoir marché sur l’eau. Et bien sûr, sans cet indispensable rassemblement, aucune chance pour le nouvel élu de réformer le pays.