Présidentielle : le véritable engouement des Français pour la politique

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L'édito politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Même s'ils se méfient des hommes politiques, beaucoup de Français se déplacent lors des meetings des différents candidats.

La politique c’est l’engouement des Français pour la chose publique. La campagne présidentielle est lancée depuis septembre avec  la primaire de la droite, et on l’a encore mesuré ce week-end, énormément de monde se déplace pour les candidats.

Huit à 10.000 personnes pour Emmanuel Macron samedi, plus de 5.000 pour Marine le Pen dimanche et disons-le le plus spectaculaire : le double-meeting de Jean-Luc Mélenchon et de son hologramme à Lyon et à Paris, un carton, autour de 15.000 personnes et plus de 500.000 vues sur You Tube pour le candidat de la France insoumise. À chaque meeting on s’étonne de voir les mêmes images  de files d’attente devant les salles. À trois mois de l’élection, il y a un véritable souffle,  une appétence des citoyens pour la présidentielle ce qui est très enthousiasmant pour la démocratie.

Est-ce que ce sont des indicateurs fiables, Emmanuel Macron ou Jean-Luc Mélenchon déplacent énormément de monde est-ce que ce sont autant de votants ?

Non, évidemment non. Rappelez-vous la campagne de Nicolas Sarkozy, il déplaçait les foules, il y avait un phénomène Rock Star, pour autant ça ne s’est pas traduit en vote dans les urnes. Mais au-delà de ce simple constat, il y a un grand paradoxe qui incite à la plus grande prudence : les Français aiment la politique, ils n’aiment pas les hommes politiques, une récente étude du Cevipof montrait par exemple que les trois quarts des Français jugent les politiques corrompus, ils s’en méfient.

Les Français aime "la politique" pas "les politiques". Comment cela se traduit concrètement dans la campagne ?

Ce que veulent les Français c’est être d’avantage associé aux choix politiques, à la gouvernance et cela tous les candidats l’ont parfaitement intégré à des degrés divers. D’abord la généralisation des primaires : c’est la fin des partis refermé sur les élus. Mais au-delà c’est présent dans tous les programmes Jean-Luc Mélenchon le premier : la France insoumise veut rendre la parole au peuple avec par exemple la possibilité de révoquer les élus en cours de mandat. Emmanuel Macron exhume la démocratie participative.. Et ce n’est pas réservé aux anti-système : Marine le Pen, François Fillon veulent réhabiliter le référendum. Benoît Hamon lui propose un 49.3 citoyen qui permettrait de suspendre l’application d’une loi. Gadget ou pas ? Est-ce que celui ou celle qui sera élu s’y tiendra ? Cette élection en tous cas se jouera en partie sur la question d’une relégitimation des politiques par le peuple.