Présidentielle de 2017, le remake de 1969 ?

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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Si l'on se base sur la présidentielle de 1969, la qualification d’Emmanuel Macron pour le second tour de 2017 n’aurait rien d’extraordinaire.

La politique c’est le discret Monsieur Macron, silencieux depuis les fêtes, il fera sa rentrée demain dans la Nièvre,  sur la terre d’élection d’un certain  François Mitterrand. Mais même absent et silencieux, il inquiète les candidats à la présidentielle de droite comme de gauche.

Il y a en cette rentrée une obsession Macron, tout le monde en parle dans les équipes des principaux candidats à a la présidentielle. Il y a les sondages où il grimpe mais plus que les sondages, une image a frappé les esprits c’est son meeting Porte de Versailles. Il a réussi à réunir 10.000 personnes, un samedi 10 décembre en plein rush des  courses de Noël et de surcroit sans un parti politique. Il s’est passé quelque chose ! Macron est passé de la baudruche au granit, il est donc devenu un sujet pour  l’équipe Fillon sur le thème "comment on l’arrête ?". On en vient à prier pour une candidature de François Bayrou à la présidentielle pour grappiller quelques voix à Emmanuel Macron. Au FN ? Macron est également un sujet. Il capte un électorat "oublié" ou dégoutté de la politique, celui que Marine le Pen cherche à séduire et c’est une des raisons qui la pousse à entrer en campagne plus tôt qu’elle ne l’avait prévu. Au PS, c’est simple des cohortes d’élus et de militants  tendance sociale-démocrates  sont prêts à courir chez Emmanuel Macron en cas de victoire d’un Arnaud Montebourg ou d’un Benoît Hamon jugés trop à gauche.

Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle, pas un de ses concurrents n’aurait misé un euro sur cette hypothèse il y a un an.

Pas même Emmanuel Macron lui-même mais nous avons retrouvé un  précédent et c’est assez troublant. L’ année où l’homme a marché sur la lune, l’année où Le général de Gaulle chassé par référendum s’est retiré. 1969, la présidentielle oubliée. Georges Pompidou, candidat de droite, est archi favori et il arrive en tête au premier tour. Le candidat populiste, en l’occurrence le communiste Jacques Duclos, que tout le monde voyait au second tour comme Marine le Pen aujourd’hui, est battu et c’est une surprise. Au profit d’un centriste inattendu, incarnation du renouveau Alain Poher, personne ne l’avait anticipé, comme Emmanuel Macron. Quant au  candidat de la SFIO ,  l’ancien PS  il agonise à 5%. Le PS renaîtra  deux  ans plus tard au congrès d’Epinay. 1969-2017 ? Les ressemblances sont troublantes et  les différents protagonistes d’aujourd’hui l’ont bien en tête. Un précédent qui montre que la qualification d’Emmanuel Macron pour le second tour n’aurait rien d’extraordinaire, c’est possible.