Premier grand test pour Emmanuel Macron

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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Le président déjeune avec Donald Trump en marge du sommet de l'OTAN de Bruxelles.

La politique Maxence Lambrecq, c’est la révolution Macron en terme de diplomatie. Premier grand test pour lui aujourd’hui : un déjeuner avec Donald Trump en marge du sommet de l’OTAN à Bruxelles. En coulisses, Emmanuel Macron met en place une toute nouvelle méthode.

Elle est passée inaperçue pour l’instant. C’est une collaboration permanente avec Berlin et Bruxelles. Chaque prise de position est le fruit d’une concertation préalable. Les services diplomatiques n’ont jamais été autant sollicités. Contrairement aux quinquennats Sarkozy et Hollande, cette fois, le président parle la même langue qu’Angela Merkel. Il n’y pas de "je t’aime, moi non plus". Lorsqu’ Emmanuel Macron était candidat, elle espérait sa victoire. Aujourd’hui, ce président pro-européen veut devenir le porte-parole de l’Europe sur la scène mondiale, et on le constatera tout à l’heure face à Trump puis face au président turc Erdohan, et demain au G7 en Sicile. D’autant qu’il n’y aura que deux anciens : Merkel et le japonais Abé, face à cinq nouveaux leaders récemment élus. Emmanuel Macron va chercher à profiter de ce renouveau, comme sur la scène nationale, pour apparaître comme le moteur d’un nouveau monde.

Programme très ambitieux, Maxence, pour un homme dont l’expérience internationale reste à démontrer, non ?

Bien sûr, Emmanuel Macron n’a que 39 ans, mais il a de l’expérience, enfin plutôt des contre-modèles. A ses yeux, François Hollande et Nicolas Sarkozy se sont abîmés dans des bras de fer. A tort ou à raison, leurs liens avec l’Allemagne a été perçu comme une relation d’infériorité. Pas question pour Emmanuel Macron de tomber dans ces pièges. Et il en va de même pour la Russie. Vous le savez, Samuel, lundi, Vladimir Poutine sera l’invité de la France,pas n’importe où, au château de Versailles, dîner au Grand Trianon. Et ce n’est pas une flagornerie excessive. C’est du pragmatisme : le chef de l’Etat connaît les blocages, sur les dossiers syrien, ukrainien, mais voyant que la confrontation directe ne marche pas. Il prend le contre-pied et décide de réchauffer les relations avec le tsar avant d’engager des négociations dont il espère sortir vainqueur.