Pourquoi Macron flingue-t-il la jeune génération du PS ?

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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Antonin André nous livre son édito politique à quelques jours du second tour des législatives.

L’édito politique c’est le maître des horloges Emmanuel Macron. Comme ses prédécesseurs il se projette dans la durée et pense déjà à sa réélection qui passe par l’élimination d’éventuels rivaux.

Comme il a construit méthodiquement sa conquête du pouvoir, Emmanuel Macron prépare la suite en éliminant méthodiquement ceux qui seraient susceptibles de vouloir gêner sa réélection en 2022. Principale cible : Najat Vallaud-Belkacem, elle pourrait tout à fait nourrir une ambition présidentielle. Rivale qui a très tôt et publiquement revendiqué son opposition à Emmanuel Macron. Jeune comme lui, femme et issue de la diversité, ministre de l’Éducation qui a porté des réformes difficiles, contestées et qui s’est illustré par sa solidité. Son élimination probable dimanche est un objectif prioritaire. Et avec elle, c’est la jeune génération des ex-ministres de François Hollande qui doit disparaître : Juliette Méadel, éliminée en Seine-et-Marne,  s’était pourtant ralliée au futur président. Pouce baissé aussi pour Mathias Fekl et Delphine Batho. Même sort enfin pour la plupart des jeunes députés, Olivier Faure ou Eduardo Ryan-Cypel. Les rares socialistes épargnés aux législatives sont considérés comme d’inoffensifs agneaux  exposés pour preuve de la mansuétude du souverain.

C’est une génération jeune on l’a vu qui risque de disparaître, alors qu’elle pensait avoir l’avenir devant elle et qu n’a pas vu venir Emmanuel Macron.

Il y a quelque chose qui ressemble à la tragédie grecque. Ce devait être la génération dorée de François Hollande. Cette jeune garde, Najat Vallaud Belkacem, Juliette Méadel, Mathias Fekl ou encore Fleur Pellerin, génération à laquelle il avait  donné de très fortes responsabilités et qui devait constituer le cœur du dispositif pour un second quinquennat. Pour contrôler, affaiblir et  éliminer ses rivaux les quinquas Valls, Montebourg ou Peillon, François Hollande pour prolonger son règne comptait s’appuyer sur ses enfants qu’il avait gâtés et élevés dans  le culte de la fidélité à sa personne. Une génération aujourd’hui sacrifiée par Emmanuel Macron.