Paris 2024 : le retour de la "Baraka Macron"

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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Alors que Paris n'a jamais été aussi susceptible d'organiser les Jeux Olympiques de 2024, Emmanuel Macron a le sourire.

L'édito politique d'Europe1, avec Eric Hacquemand, grand reporter politique à Paris Match.
C'est presque gagné pour Paris. La capitale française devrait bien organiser les Jeux Olympiques, en 2024, et Emmanuel Macron a le sourire.

C’est le retour de "Macron la baraka". L’annonce de cette nuit tombe à pic pour le président de la République.
Pourquoi ?
- D’abord, Emmanuel Macron a mouillé le maillot dans le dossier Paris 2024. Le 15 mai, deux jours après son investiture, il recevait les pontes du Comité international olympique à l’Élysée. Tout un symbole.
- Ensuite, il est allé jouer les VRP de luxe à Lausanne il y a encore deux semaines. L’enjeu était clair : montrer que l’État serait un partenaire fiable pour les Jeux du centenaire. C’est toujours important pour une vénérable institution comme le CIO de savoir que les pouvoirs publics se portent garants.
- Enfin, c’est vrai, cette annonce tombe aux meilleurs des moments. Macron connaît un trou d’air, notamment dans les sondages ; la machine à couac est repartie ; les soupçons d’amateurisme pèsent. Et là, c’est tout l’inverse qui se passe : professionnalisme, union nationale derrière la candidature française, efficacité.
Du cousu main pour le chef de l’État !

Et pourtant, il aurait tort d’en rajouter sur cette victoire.

Effectivement. D’ailleurs, les réactions de l’Élysée sont à cette heure assez soft : pas de cris de joie. Emmanuel Macron est assez fin pour ne pas tirer trop la couverture à lui.
- D’abord François Hollande lui a bien préparé le terrain. Rendons à César ce qui lui appartient : c’est lui qui a lancé un soir de novembre 2014 cette idée sur TF1. À l’époque Anne Hidalgo, la maire de Paris, avait été un peu prise de court.
- Ensuite, si les politiques doivent être présents pour gagner les Jeux, ils ne doivent pas être omniprésents. C’est la grande leçon de l’échec de Paris 2012. Si Paris l’emporte c’est grâce à un tandem non politique : d’un côté, Bernard Lapasset expert du monde sportif et économique ; de l’autre, Tony Estanguet, ambassadeur et champion olympique.
- Macron peut aussi dire "Merci !" à Donald Trump dont l’élection constitue un handicap majeur pour Los Angeles.
- Enfin, et ce n’est pas une petite question, qui dit Jeux olympiques dit infrastructures à construire (même si beaucoup est fait) et sommes à investir. Pour des retombées économiques qui font débat. Regardez, la facture des JO de Londres a été quatre fois supérieure à ce qui était prévu : 11,5 milliards d’euros au lieu de 3,4. La France peut-elle se le permettre ?
Il ne faudrait pas que l’opération tourne à la gabegie. Pour Macron, s’il est réélu, évidemment…