Marine Le Pen n’est plus la candidate du renouveau

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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Marine Le Pen fait quasiment du copié-collé de 2012, avec en étendard l’épouvantail de la sortie de l’euro, le retour aux frontières et la préférence nationale.

L’édito politique Antonin André, c’est la campagne de  Marine le Pen. Depuis de longs mois elle est en tête dans toutes les études d’opinion en situation d’accéder au second tour, mais selon vous sa campagne a souffert d’un handicap : elle n’a pas su surprendre, innover.

Elle n’a pas pris en marche le créneau du renouveau l’un des marqueurs de cette campagne.  Face au phénomène Macron, face à l’offre Mélenchon qui  lui a fait une campagne innovante avec un programme  très différent du précédent. Marine Le Pen a fait quasiment du copié-collé de 2012. Avec en étendard l’épouvantail de la sortie de l’euro. Le retour aux frontières intérieures et bien sur la préférence nationale.

Une campagne à l’ancienne qui nous ramène même à l’avant 2012, à l’ère Jean-Marie le Pen. Je parle de la sortie sur le Vel'd’Hiv, coup de fatigue ou coup de com, ça rappelle les dérapages de son père. Marine le Pen n’a pas su inventer, se réinventer. Certains de ses proches d’ailleurs sont assez critiques avec la chef l’un d’eux résume cette campagne de sur-place : "Que Marine Le Pen continue à faire des discours d’une heure sur l’immigration, ça n’a rien de surprenant et ce n'est pas ça qui nous ramènera une voix supplémentaire".

 

En même temps Antonin elle reste très haut, et sur la dynamique des élections départementales et régionales,  6.8 millions de voix aux régionales, niveau record.

Elle a un énorme capital. Elle est en tête toujours chez les jeunes et chez les ouvriers. Mais le risque quand vous avez un gros capital c’est de le gérer tranquille  et de se laisser endormir. Un peu comme Alain Juppé pendant la primaire de la droite qui s’est endormi avec ses beaux sondages et qui a connu un réveil brutal. Or Marine le Pen il lui faut encore aller chercher des voix, beaucoup de voix.

En 2007 et en 2012, le ticket d’entrée pour le second tour de la présidentielle c’est plus de 9 millions de voix. Compte tenu du fait qu’ils sont quatre candidats  à être à un niveau élevé ce sera sans doute moins de neuf millions cette fois-ci mais tout de même pour passer de 6, 8 millions à 8 millions ou un peu plus il ne faut pas que la dynamique  s’enraye, d’où la crispation et l’inquiétude de ses proches qui n’ont pas le sentiment que la campagne ait été, loin s’en faut,  très réussie.