Marine Le Pen, la candidate aux deux visages

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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La candidate du Front national alterne la douceur et la menace, jouant la carte de la France apaisée un jour et fustigeant le système le lendemain.

La politique c’est Marine le Pen qui durcit sa campagne. La candidate du FN qui fustige le système agite la menace à l’encontre des fonctionnaires. On est très loin de la France apaisée qui est pourtant son slogan et on a du mal à comprendre sa stratégie.

Marine le Pen c’est la candidate aux deux visages. Le visage de l’extrême droite décomplexée en meeting qui ressort les thèmes anti-islam, Français d’abord et qui s’en prend aux juges, aux journalistes et maintenant aux fonctionnaires. Et le lendemain le visage de la France apaisée au Mont Saint-Michel, visage qu’elle montrera au salon de l’agriculture tout à l’heure. La schlague et la menace le soir, la douceur et la séduction le matin. Sa stratégie c’est de manier les deux en permanence. Un jour, mère de famille qui distille des confidences complices dans Match ou sur le canapé de Karine le Marchand, le lendemain poigne de fer et coups de boutoirs contre le système qu’elle voue littéralement aux gémonies, du nom de cet escalier à Rome sous l’empire où l’on exposait les corps des suppliciés avant de les jeter dans le Tibre. À entendre Marine le Pen en meeting, c’est le sort qu’elle rêverait de faire subir aux cohortes de ses ennemis.

Ce sont quand même les marqueurs d’extrême-droite qui ressortent ces derniers jours est-ce que ça peut réveiller les peurs, dissuader ceux qui parmi les anciens électeurs de gauche s’étaient laissé séduire ?

C’est très peu probable, cet électorat populaire, ouvrier anciennement socialiste du nord ou de l’est de la France est totalement converti. Cet électorat est conquis, fidèle à Marine le Pen, il ne partira pas. C’est ce qui permet à Marine le Pen de lâcher les chevaux, d’y aller franchement sur le thèmes de l’extrême droite parce que son socle est solidifié, ils sont là pour elle, ils ne partiront pas. Et de surcroit elle met la barre à droite toute parce qu’elle est convaincue que François Fillon ne reviendra pas et qu’elle affrontera Emmanuel Macron. C’est à droite qu’elle peut encore progresser, on le voit dans le discours anti Islam, sécuritaire ou dans la politique familiale. La dynamique Le Pen c’est ce qui fait sa force dans cette campagne: repose sur le fait qu’elle est la seule candidate capable d’agréger des discours qui s’adressent à tous les électorats sans se préoccuper de leur coloration politique.