Marine Le Pen dans Paris-Match : opération reconquête dans une campagne qui patine

  • A
  • A
L'édito politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
Partagez sur :

Après Une Ambition intime, la présidente du FN à accepter de se mettre en scène pour nos confères, passage obligé pour tout candidat à la présidentielle.

La politique ce sont les confidences dans Paris-Match de Marine le Pen, après le canapé de Karine Lemarchand, la présidente du Front National à accepter de se mettre en scène pour nos confères, passage obligé pour tout candidat à la présidentielle.

Où l’on apprend que Marine le Pen a perdu 12 kilos. Le régime ça fait partie du story-telling d’une campagne, rappelez-vous François Hollande qui avait perdu lui deux fois 12 kilos en 2012. Où l’on apprend aussi que ses trois enfants, Jehanne et les jumeaux Louis et Mathilde vont voter pour la première fois cette année. Des confidences donc et surtout elle a accepté de poser, souriante, sur le balcon de son QG. C’est nouveau chez Marine le Pen cette communication papier glacé, passage obligé pour tout candidat à la présidentielle : se raconter dans les salons de coiffure et les salles d’attente des villes et villages de France. C’est un effort sur elle-même mais pour une partie de son équipe c’est encore trop peu. Certains la poussent à aller plus loin : il faut qu’elle écrive sa propre histoire, qu’elle ne soit plus regardée seulement comme la fille de Jean-Marie Le Pen. Ça passe par exemple par accepter de faire  la couverture de Match.

Elle se met en scène à son QG de campagne, on la voit entouré de son équipe, c’est aussi le choix de montrer le côté pro, on est pas dans le contexte privé mais plutôt dans le côté "ça bosse".

Oui et là pour le coup on est vraiment dans la com : le message c’est tout va bien, c’est "pro". On la voit entouré de ses stratèges concentrés, qui l’écoutent. Or précisément en ce mois de janvier la campagne sur le terrain de Marine le Pen c’est tout l’inverse du professionnalisme, on est dans improvisation et tâtonnement. Une succession de déplacements annulés : en Dordogne, à la frontière franco-italienne, en Seine-et-Marne  ou à Montbéliard. L’organisation de campagne patine et les images sont ratées. Hier elle était à Forbach en Moselle, elle a visité une usine de fenêtre, une heure à huis-clos sans aller à la rencontre des Français, sans parler de l’image peu glorieuse de New-York Marine le Pen restant à la porte du bureau de Donald Trump. Derrière les images papier glacés, Marine le Pen patine en ce début de campagne, elle est inaudible pendant que d’autres Emmanuel Macron pour ne pas le nommer engrange sur le terrain du renouveau de la politique et de l’anti-système.