Marine Le Pen assume moins son soutien à Trump

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L'édito politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Après la publication de la vidéo de Donald Trump et ses propos outranciers sur la femme, Marine Le Pen prend ses distances avec le candidat américain.

La politique c’est la volte-face du Front National à l’égard de Donald Trump. Le parti de Marine Le Pen a maintes fois   revendiqué son soutien au candidat Républicain mais il est beaucoup moins enthousiaste depuis la publication de la  vidéo de Trump proférant des propos obscènes sur les femmes.

"Tout sauf Hillary !" si Marine le Pen était américaine elle voterait "tout sauf Hillary Clinton". Go Donald Trump ! Depuis sa désignation à la convention républicaine de février,  le républicain a valeur d’exemple pour le FN. Le candidat anti-establishment, comme Marine Le Pen, anti-mondialisation, pro-brexit, comme Marine le Pen, un candidat contre la guerre en Irak et de façon général partisan du repli. Trump, le candidat qu’il fallait au FN, jusqu’à cette vidéo de commentaires obscènes et les déballages qui s’en sont suivis. Des accusations de femmes qui se disent victimes de harcèlement de la part de Trump. Or le grand défi du FN pour 2017, c’est de conquérir le vote des séniors et celui des femmes. Soutenir le goujat Trump est devient tout à coup beaucoup plus délicat.

Ça peut vraiment avoir un impact négatif sur le Front National d’être associé à Donald Trump et à ses propros sexistes, ça peut jouer auprès de l’électorat féminin ?

En termes strictement électoraux peut-être  pas. Marine le Pen ne va pas être comptable des outrances de Donald Trump. Mais en termes d’image oui ça peut avoir un effet négatif auprès des femmes. Ça fait des années que Marine le Pen affine sa stratégie et ses messages auprès de cet électorat. Souvenez-vous sa tribune au moment des viols commis autour de la gare de Cologne en janvier dernier "C’est la femme qui prend la plume, écrivait-elle, faisant le lien entre crise migratoire et début de la fin des droits des femmes". En 2012, lors d’un forum organisé par le magazine Elle, elle cite Simone Veil et Elizabeth Badinter. Et quand Marion Maréchal Le Pen veut remettre en cause les subventions au planning familial dans la campagne des régionales, Marine Le Pen s’empresse de préciser que ce n’est pas dans le programme du FN. Plus question pour elle d’ailleurs de supprimer l’IVG ou de revenir sur la contraception. Une vraie rupture, un long travail pour se forger une image de féministe incompatible avec la vision des femmes de l’encombrant Donald Trump.