Marine Le Pen a gagné la présidentielle !

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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On peut déjà dire que Marine Le Pen a gagné puisque les autres candidats, jusqu'à Mélenchon à gauche, reprennent quelques unes de ses idées sur l'immigration et sur la délinquance.

La politique c’est la campagne de Marine Le Pen. La présidente du Fn est en tête dans tous les sondages de premier tour, rien ne semble pouvoir l’arrêter. Au point que plusieurs responsables politiques y compris parmi ses adversaires disent qu’elle peut gagner.

Marine le Pen fait campagne tranquille. Quand elle prend le TGV pour se rendre en meeting, elle ne se plonge pas dans ses fiches ni ne réécrit son discours, non elle sort sa tablette numérique, et télécharge sur Netflix une série américaine, casque vissé sur les oreilles. Cette image c’est Marine Le Pen qui déroule sa campagne avec l’assurance de celle qui a déjà gagné. Elle a gagné la bataille des idées : l’exemple le plus spectaculaire, c’est le durcissement de la politique d’immigration. On le voit avec le programme de François Fillon qui s’en rapproche mais aussi avec celui de Jean-Luc Mélenchon, à gauche, qui fustige "le travailleur détaché qui vole son pain au travailleur qui se trouve sur place" ou qui défend l’idée qu’il serait préférable que les immigrés restent chez eux. Autre exemple : La tolérance zéro en matière de délinquance, décliné par la plupart des candidats jusqu’à Emmanuel Macron. Elle a gagné Marine le Pen parce que ses idées se sont imposées et parce qu’elle est au centre du jeu, la candidate à abattre, au point que la Présidentielle est devenu un référendum pour ou contre Marine le Pen.

Mais est-ce qu’elle peut vraiment gagner au second tour, être à l’Élysée le 7 mai prochain ? Le président de la République François Hollande lui-même s’en inquiète.

Si on applique les règles empiriques des élections passées, il reste encore à Marine Le Pen trois digues à enfoncer. La première, c’est le vote des personnes âgées, un électorat nombreux et qui vote beaucoup chez lequel elle reste à un niveau très faible. Deuxième digue, l’élargissement de son socle de premier tour, les réserves de voix, passer de huit millions de voix pour se qualifier au premier tour à plus 16 millions au second pour l’emporter c’est une marche considérable que le FN n’a jamais franchie. La seule élection emportée par le FN au scrutin majoritaire uninominal hors triangulaire, en duel, c’était en 1988 avec Yann Piat, député du Var. Troisième digue, peut-être la plus fragile, le tout sauf le Pen qui se coagule au second tour. Trois digues à faire sauter dans les quinze jours de l’entre-deux tours, ça semble très très, compliqué de percer ce plafond des 50%. Compliqué mais pas impossible, surtout dans une campagne où toutes les lois électorales des scrutins passés tombent les unes après les autres.