Macron devant le Congrès, quels enjeux ?

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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C’est la première confrontation du président Macron sur la scène politique intérieure, avec le Congrès, boycotté par une partie des parlementaires.

L’édito politique Antonin André c’est la première confrontation du président Macron sur la scène politique intérieure, avec le Congrès aujourd’hui, boycotté par une partie des parlementaires.

Emmanuel Macron a  pris l’initiative de bouleverser les usages républicains en convoquant le congrès dès le début de la session parlementaire. Au-delà des commentaires sur le président en majesté, qui impose son pouvoir, il entre qu’on le veuille ou non dans l’arène. Il s’expose en première ligne en lieu et place du Premier ministre, c’est une prise de risque politique. On le mesurera facialement, physiquement avec le nombre de chaises vides des parlementaires refusant de répondre à la convocation du chef de l’Etat, on peut y voir un geste discourtois de leur part, mais c’est aussi une façon de braver son autorité. Ni François Hollande au lendemain des attentats du 13 novembre ni Nicolas Sarkozy en 2009 à l’occasion d’un discours sur la crise en Europe n’avait été boycotté par des parlementaires de l’opposition. Bien sûrs les contextes ne sont pas les mêmes, à ceci près que c’est de la seule initiative du chef de l’Etat que le parlement est ainsi convoqué. Le président Macron en inscrivant son discours dans un rapport d’autorité vis-à-vis d’un parlement auquel il annonce son cap, sa feuille de route, s’expose à la riposte de l’opposition qui jusqu’ici avait du mal à l’atteindre.

 

En même temps Antonin, les parlementaires présents à Versailles ne peuvent pas lui répondre, il n’y a pas de confrontation directe, d’interpellation du président.

 

Vous avez raison, mais d’abord les groupes politiques s’exprimeront une fois le président parti pour abonder ou critiquer, mais surtout, la vraie riposte viendra 24 heures après, demain après-midi à l’assemblée nationale après le discours de politique générale du Premier Ministre. Jean-Luc Mélenchon qui lui ne sera pas présent à Versailles - il  boycotte le discours du président-, Marine le Pen qui elle sera à Versailles s’adresseront depuis l’assemblée, leur assemblée nationale au Président Macron faisant fi du discours de politique générale d’un Premier ministre éclipsé, relégué. Avec ce Congrès Emmanuel Macron met en jeu son autorité et prive Edouard Philippe d’un des actes essentiels de la fonction de chef du gouvernement, une brèche dans laquelle l’opposition va.