Les Républicains : où sont les nouveaux visages et les nouveaux talents ?

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
Partagez sur :

Alors qu'une campagne électorale devrait être l'occasion d'une offre politique renouvelée, les candidats des Républicains comme Sarkozy, Juppé ou Fillon sont présents depuis 35 ans.

La politique, c’est la saison des primaires. À droite ce week-end à la Baule, les principaux candidats comme Nicolas Sarkozy, Alain Juppé ou François Fillon se sont succédés. Pas précisément des jeunes premiers en politique, et c’est précisément ce qu’Antonin André reproche à la primaire des Républicains..

L’Union soviétique de Léonid Brejnev face à l’Amérique de Reagan en 1981, François Fillon est élu député en pleine guerre froide. Nicolas Sarkozy, cette année-là, préside le comité de soutien des jeunes pour le candidat Jacques Chirac. Sans parler d’Alain Juppé qui est au RPR depuis sa création en 1976. La Baule 2016, c’est le revival du RPR des années 80, les revenants. Les cheveux blancs et les rides en plus, on prend les mêmes et on recommence et ça fait plus de 35 ans que ça dure.

Quelle est la vertu des primaires ? Enthousiasmer un maximum de citoyens autour du choix d’un candidat à la présidentielle, grâce à une offre politique renouvelée, avec des nouveaux visages et des nouveaux talents. Ce n’est pas d’ailleurs forcément une question d’âge, regardez Bernie Sanders aux États-Unis qui a réveillé la jeunesse démocrate. Alain Juppé était ministre du Budget en 1986 et en 2017, il veut incarner le nouveau souffle de la droite.

Il y a Bruno Le Maire toute même qui complète l’affiche et qui d’ailleurs, a fait du renouveau son slogan. Il y a également Nathalie Kosciusko-Morizet mais elle n’a pas encore ses parrainages.

Oui et vous avez remarqué, ce week-end, tous les candidats lui ont apporté leur soutien. Nicolas Sarkozy qui l’a éjecté de la direction des Républicains au début de l’année a eu des mots aimables. Même Laurent Wauquiez avec lequel le niveau de détestation avait atteint des sommets, souhaite qu’elle obtienne ses parrainages. Après l’avoir moquée, ignorée tous se réveillent à cinq jours de la fin de la date limite des candidatures pour appeler les élus à qualifier Nathalie Kosciusko-Morizet à la primaire. Vite une femme, jeune, pour  casser cette ambiance de congrès du RPR, donner un  semblant de  renouveau à cette primaire. Pourquoi maintenant ce besoin de NKM dans la primaire de droite, ce besoin d’une touche de modernité ? On peut y voir un effet Macron. Est-ce que ça durera ou pas ? La popularité d’Emmanuel Macron repose précisément sur cette promesse de faire de la politique autrement hors des vieux partis et des vieux mâles blancs qui les tiennent. Et il est plus populaire à droite qu’à gauche Emmanuel Macron. Son entrée fracassante dans la course à la présidentielle a fait ressortir ce week-end  par contraste l’absence de renouvellement de l’offre politique chez les Républicains.