Les premiers couacs d'Edouard Philippe

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L'édito politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Changements de pieds sur la fiscalité, sur le tiers payant. L’image du gouvernement de pros, robustes, en prend un sérieux coup.

L’édito politique, bonjour Antonin André. La politique ce matin, c'est cette série de couacs pour le gouvernement d’Edouard Philippe: changements de pieds sur la fiscalité, sur le tiers payant. L’image du gouvernement de pros, robustes, en prend un sérieux coup, Antonin.

La ministre de la santé s’est pris les pieds dans le  tiers-payant. Un jour  aux médecins elle affirme qu’elle veut éviter la généralisation, le lendemain aux Français elle proclame que la généralisation se fera au nom de l’équité. Question de sémantique explique son cabinet. On croule sous les  Comme quand le premier ministre semble repousser aux calendes grecques la suppression de la taxe d’habitation le lundi et que le président la réactive le dimanche. Quand le candidat Macron avait promis d’atteindre 2% du PIB pour la défense avant la fin du quinquennat et qu’il commence par lui infliger un coup de rabot de 850 millions d’euros. Tout cela ne fait pas très pro non. Et la nouvelle équipe a un peu vite fait de mettre tout cela sur les mauvaises surprises de la fin de  quinquennat Hollande. D’abord Emmanuel Macron était à Bercy il y a moins d’un an, il connaît les grands équilibres et trajectoires du budget de l’Etat. Et Il peut d’autant moins nous jouer la surprise des comptes sous le tapis qu’il a  connu exactement la même situation avec François Hollande en 2007 au lendemain de l’élection.

Plus embêtant Antonin, il y a aussi un petit parfum de "déjà vu" dans le côté : "j’ai beaucoup promis, et peut-être même un peu trop"

Tout Jupiter qu’il est le Président est soumis comme les autres à la calculette de Bercy. Au moment de passer à la caisse il doit renoncer, différer, amender la liste des courses. Exemple : comment voulez-vous faire rentrer dans la liste le rétablissement d’un service national d’un mois à plusieurs dizaines de milliards d’euros dans un budget aussi contraint. Ça ne rentre pas. La très généreuse aide au développement promise à une forte augmentation devra attendre. Le gouvernement s’est fixé un pari audacieux, sinon impossible: réduire les dépenses et réduire même chichement, très progressivement la fiscalité dans le même temps. Tout Jupiter qu’il est le président, comme ceux qui l’ont précédé, comme un président normal ne pourra pas tout tenir et devra assumer devant l’opinion quelques renoncements.

Renoncements face à la calculette de Bercy. C'était l'édito politique. Merci Antonin André.