Les couches populaires, clé de la campagne

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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Le vote des ouvriers et des employés est un enjeu crucial qui représente un gros quart du corps électoral.

La politique c’est  l’enjeu du vote populaire dans cette présidentielle. On parle des employés ou des ouvriers qui représentent un peu plus de 10 millions d’électeurs, une des constantes de la présidentielle c’est qu’on ne gagne pas sans le vote populaire.

"La fracture sociale" de Jacques Chirac en 1995, "travailler plus pour gagner plus" de Nicolas Sarkozy en 2007 ou encore  "mon ennemi c’est la finance" de François Hollande en 2012, des slogans gagnants pour s’adresser aux classes populaires à la présidentielle. Le vote des ouvriers et des employés est un enjeu crucial qui représente un gros quart du corps électoral et il a considérablement évolué : d’abord  il n’y a plus de vote de classe, ouvriers et employés ne votent plus comme un seul homme et surtout ce n’est plus électorat captif de la gauche. Le divorce prononcé dans les années 80 s’est accentué au fil des élections. En 2012, 29% des ouvriers ont voté Marine le Pen, 27% ont choisi François Hollande et 19% Nicolas Sarkozy. Le rapport de force droite gauche en 2012 : 51% pour la droite contre 49% à gauche, donc un électorat très divisé.

Marine le Pen a creusé l’écart depuis 2012 , on l’a constaté aux européennes, aux départementales et aux régionales. Est-ce que ça peut changer ?

Oui ça peut changer. En tous cas ça bouge et ça bouge à la baisse pour Marine Le Pen. Aux régionales, elle atteignait des scores entre 40 et 45% chez les ouvriers. Aujourd’hui, dans les dernières enquêtes elle est plutôt autour de 37 à 38%. Les dossiers judiciaires qui s’accumulent autour d’elle y sont peut-être pour quelque chose et cela profite à  Emmanuel Macron, il progresse fortement dans l’électorat populaire. Il faut dire que le golden boy candidat des bobos et des urbains partait de très bas. Comment a-t-il amorcé la reconquête ? Par deux mesures spectaculaires, qui ont fait mouche : la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des foyers  très très efficace auprès des plus modestes et puis la possibilité de démissionner tous les cinq ans en touchant le chômage. Résultat il est passé de 13% à 23% d’intentions de vote chez les ouvriers. François Fillon avec son programme col blanc et classes supérieures doit absolument faire un geste. Il ne récolte aujourd’hui que 8 à 10% du vote populaire. Beaucoup autour de lui l’ont déjà alerté sur ce point, sans succès. S’il s’obstine c’est arithmétique,  il prend le risque de ne pas passer le premier tour.