Le renouvellement en trompe l’œil du monde politique

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
Partagez sur :

Tous les grands postes de la République ont été confiés à des hommes.

L’édito politique ce sont les répliques de la présidentielle et des législatives qui continuent de secouer le vieux monde politique, à l’image de Jean-Pierre Raffarin qui quitte la scène.

Il faut saluer le choix lucide de Jean-Pierre Raffarin, un homme politique qui se retire avant la fin de son mandat  quand d’autres à l’image du Doyen de l’assemblée nationale Bernard Brochand de 10 ans son aîné entame son 5ème mandat. Autre sacrifiée involontaire de la grande lessive Macron, Nathalie Kosicusko Morizet, jeune quadra mise à la retraite de la politique, contrainte de prendre du recul. Manuel Valls s’accroche lui, mais de Premier ministre il est retombé dans la piétaille, simple député en perdition rejeté par le PS, réfugié politique qui  a trouvé asile dans le groupe En Marche. Trois visages, trois symboles du renouvellement déclenché par l’élection d’Emmanuel Macron annonciateurs de nouvelles secousses telluriques à venir. On n’est qu’au début du renouvellement du pouvoir ou plutôt des pouvoirs. les directions des grandes administrations, le Sénat à l’automne avant les collectivités locales. Changement des critères politiques, changement  des pratiques et changement des hommes et des femmes

Sauf que l’ère du changement s’est fracassée sur le perchoir de l’assemblée nationale où on attendait une femme et c’est un homme qui a été élu: François de Rugy.

Changer les mentalités, abattre les vieux réflexes prendra plus d’une législature, François de Rugy a mis en avant son expérience -c’est son troisième mandat - pour  s’imposer face à deux femmes. François de Rugy un parcours roublard, à l’ancienne passé par la primaire de la gauche avant de trahir son serment pour rejoindre  Emmanuel Macron au lieu de soutenir Benoît Hamon qui l’avait battu à la loyale. Pas terrible comme symbole. Et puis qu’est-ce que c’est que cette parité en trompe l’œil ? Emmanuel Macron avait souhaité pendant la campagne nommer une femme à Matignon, le Premier ministre est un homme. Emmanuel Macron voulait promouvoir un profil transgressif au perchoir : une femme, pas forcément député sortante, il allait surprendre promettaient ses proches, c’est un homme qui préside l’assemblée. Si on y ajoute le président du Sénat, encore un homme les 4 premiers personnages de l’Etat  sont des hommes, c’est ça  la révolution en marche ? Oui l’assemblée nationale est quasi paritaire, le gouvernement aussi. Mais pour cheffer pas une femme. Alors encore un petit effort monsieur le président !