Le grand bond en arrière du Front National

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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Antonin André nous livre son édito politique, à quelques jours du premier tour des élections législatives.

L’édito politique c’est le coup d’arrêt marqué par le Front National dans sa conquête du pouvoir. Marine le Pen, après un score décevant à la présidentielle, n’atteindra pas forcément l’objectif qu’elle s’est fixé pour les législatives : faire du FN la première force de l’opposition.

La re-diabolisation est en marche. Le FN voit se dresser face à lui à nouveau la digue du Front Républicain, François Baroin abandonne le Ni-ni et prône le désistement du candidat LR arrivé troisième en cas de triangulaire pour faire barrage au FN, c’est le retour en arrière. Le parti de Marine le Pen déclaré infréquentable, qu’il faut contenir, réduire, voire interdire d’accès à l’assemblée nationale. Cette re-diabolisation, Marine le Pen elle-même l’a enclenchée le soir de son face à face avec Emmanuel Macron en exhumant l’outrance de son père, et les discours fragiles et inquiétant sur l’économie. Certes, des députés FN feront leur entrée à l’assemblée nationale, les sondages lui accordent entre 15 et 30 sièges. Mais si le Front Républicain est respecté partout, dans des duels seul contre tous et sans triangulaires, arracher 15 élus et donc un groupe à l’assemblée sera déjà un sacré tour de force. Loin de l’objectif proclamé par Marine Le pen de faire du FN le premier parti de l’opposition, pari qui risque de se traduire par un nouvel échec pour elle.

Est-ce que ça veut dire que le FN a atteint son plus haut et que la décrue est amorcée ? Que le FN lui aussi va être balayé par la vague de cette présidentielle ? Qu’il va mourir ?

Changer ou mourir oui. Le FN version Marine le Pen est en fin de cycle. Celui ouvert par le congrès de Tours en Janvier 2011, le cycle de la dédiabolisation l’a porté au second tour de la présidentielle mais ne lui permets pas de pouvoir l’emporter. Changer tout le programme et abandonner définitivement l’idée d’une sortie de l’euro qui ne rapporte pas une voix au front et lui fait perdre beaucoup. Le procès en préparation de Florian Philippot est déjà ourdi en coulisses, son éventuelle défaite aux législatives en scellera l’issue. Changer le nom aussi, la marque FN vieille de 45 ans est incompatible avec le discours de changement que Marine le Pen a essayé d’incarner et qu’Emmanuel Macron lui a soufflé. Le FN fait partie du monde ancien. Changer le programme, le nom et le chef ? C’est le dernier étage : sur ce point, Marine le Pen évidemment n’est pas menacée, aucun concurrent sérieux, aucun prétendant, ce qui ne veut pas dire, bien au contraire que les changements qu’elle va devoir mettre en œuvre la préserveront d’une période de crise et de critiques… Avis de gros temps au FN au lendemain des législatives.