Le casse-tête de la distribution des postes à l’Assemblée

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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Antonin André nous livre son édito politique, au surlendemain des résultats du premier des élections législatives.

La politique c’est la victoire très large qui se dessine pour la majorité présidentielle, plus de 400 députés En Marche Modem, c’est évidemment une satisfaction pour Emmanuel Macron, mais c’est aussi une pression très forte. Il a les mains libres pour réformer ?

Dimanche soir au milieu de ses invités, ministres et marcheurs de la première heure, Emmanuel Macron était à la fois satisfait et préoccupé. Comment canaliser, dompter, diriger une majorité pléthorique, composée pour l’essentielle de novices en politique, certains déjà ivres de leur victoire et qui ne mesurent pas toujours que le plus dur commence. Que la fonction de député est codifiée, complexe, exigeante. Or L’obsession d’Emmanuel Macron c’est l’efficacité. Aller vite et fort sur la première réforme du travail et sur le premier budget de son quinquennat. Il a assisté aux cent premiers jours de François Hollande, entre attentisme et impréparation. Ces cent premiers jours qui impriment leur marque indélébile sur un mandat tout entier. Emmanuel Macron ne veut pas les laisser filer, les perdre dans un procès en amateurisme. D’où sa préoccupation: comment transformer en un temps record une majorité de novices en pros du texte législatif.

Vous parlez de renouvellement : Sur 517 candidats investis ils sont moins de 30 à avoir eu une expérience du parlement. Ce sera un défi de bien organiser le travail à l’Assemblée ?

Exactement d’où cette interpellation du Manageur Macron à ses proches dimanche "Quand est-ce que vous faites le séminaire de formation de nos députés ? La semaine prochaine ?!". "Euh non monsieur le président c’est un peu court, pas encore calé" lui a-t-on répondu. Un séminaire de formation pour députés. Indispensable parce qu’il n’y a pas juste le président de l’assemblée nationale et le président du groupe parlementaire à trouver. Il faut des présidents pour diriger les commissions thématiques, finances, affaires sociales, commission des lois etc… Des vice-présidents de l’assemblée, des questeurs, le rapporteur général du budget. Qui choisir encore pour diriger le travail sur les lois d’habilitation sur la réforme du travail ? On ne passe pas d’artisan, d’étudiant voire de chef d’entreprise en orfèvre du travail parlementaire. Il faudra des cadres et de la poigne. François Mitterrand en 1981, avait été confronté à cette inconfort d’une majorité vierge de tout mandat, il avait choisi Pierre Joxe l’autoritaire pour l’ encadrer plutôt que Claude Estier jugé trop tendre. Vous l’avez compris, le renouvellement c’est très vertueux, mais c’est aussi périlleux. Question d’efficacité mais aussi de crédibilité du projet d’Emmanuel Macron qui va se jouer dès les premiers temps de la législature