La traversée du désert de François Fillon

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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Alors que le candidat de la droite a disparu des écrans radars jusqu'à début janvier, ses adversaires s'en prennent très largement à lui.

La politique c’est cette mauvaise passe pour François Fillon. Le candidat de la droite à la présidentielle a disparu des écrans radars, on ne le reverra pas avant début janvier et en attendant, les coups de ses adversaires pleuvent et les mauvais sondages se succèdent.

François Fillon accusé quasiment d’intelligence avec l’ennemi ici même sur Europe 1 par le candidat à la primaire de gauche, François de Rugy. A-t-il touché des fonds de pays étrangers ? De la Russie par exemple ? François Fillon accusé d’être un autocrate chez les Républicains, Laurent Wauquiez  dénonce la purge dont serait victimes les amis de Nicolas Sarkozy, humiliés, oubliés. François Fillon  accusé d’être le fossoyeur de la sécurité sociale, bref l’ennemi des pauvres et des petites gens, procès intenté par les syndicats, la gauche et le Front national. Traître, autocrate, anti-pauvre…. Premiers effets de cette campagne de destruction massive : 72% des Français ne souhaitent pas sa victoire à la présidentielle selon IFOP, plus largement il dégringole dans tous les sondages.

Et il ne répond pas, il ne réagit pas ?

Jacques Pilhan, le grand communicant de François Mitterrand puis de Jacques Chirac, avait théorisé la rareté de la parole publique et médiatique comme moyen de la solenniser, de recréditer une image abîmée. François Fillon va plus loin, il  est passé de la rareté à  la disparition. Il est dans une communication plus monastique encore que celle d’une Marine Le Pen elle aussi très rare dans les médias. Il reproduit ce qui lui a si bien réussi dans la campagne de la primaire, laisser l’espace à ses adversaires, tout l’espace, jusqu’à la saturation jusqu’au rejet. Lui refuse les interviews sur le trottoir comme il dit, mutique devant les caméras des chaînes d’info. Ça ne veut pas dire qu’il n’entend pas. Sur les attaques dont il est la cible, sur les critiques sur son projet, il répondra mais selon l’agenda et le timing qu’il imposera pas dans le brouhaha hystérique ambiant. Il répondra sur la Syrie, sur ses activités de conseil, sur son projet quand il le décidera.