La majorité En marche, godillots, et alors ?

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
Partagez sur :

La majorité en marche à l'Assemblée est très disciplinée, les 309 Marcheurs ne seraient en fait que des Godillots à en croire l’opposition

L’édito politique, bonjour Antonin André. Les députés vont poursuivre l’examen de la loi d’habilitation sur les ordonnances. Dans un climat studieux avec une majorité en marche très disciplinée, les Marcheurs ne seraient en fait que des Godillots à en croire l’opposition

Et c’est le cas. 309 députés qui applaudissent comme un seul homme  à 55 reprises le Premier ministre lors du discours de politique générale. 309 députés qui reprennent comme un seul homme les mêmes éléments de langages sur la loi travail : "libérer les énergies", "rompre avec les pratiques". 309 députés qui applaudissent encore la ministre du travail dès que les élus Insoumis ou FN donnent de la voix. 309 députés enfin qui gardent le silence devant les micros et caméras des journalistes pour surtout éviter le mot de travers ou la question piège. Une majorité godillot oui et alors ? Passée la minute de critique certes un peu désagréable, la réalité c’est que la majorité est écrasante et qu’elle est tenue. Les débats, les questions sont réglées en commission, en séminaire, les amendements à la virgule près sont ficelés à l’avance, une fois dans l’hémicycle l’armée des clones, disciplinée, unie, suscite peut-être l’ironie  et les moqueries de l’opposition, mais elle est toute puissante.

On retrouve cette idée d’efficacité, de rapidité voulue par le président pour mettre en œuvre les réformes, quasiment en transposant les méthodes de l’entreprise à l’assemblée, ça fonctionne pour l’instant? 

Pour l’instant oui. Mais le risque c’est que le gouvernement se laisse endormir, encalminé dans le confort d’une assemblée pacifiée et à sa main, sans aucune opposition capable d’infléchir sa politique. Croire que l’assemblée nationale est le reflet fidèle de la toute-puissance d’En Marche dans le pays. Or le vrai visage politique du pays,  c’est celui du 23 avril  dernier. Le Premier tour de la présidentielle, Emmanuel Macron 24%, en tête oui, mais avec Marine le Pen à 21% et Jean-Luc Mélenchon à 19,5%. Cette France-là, divisée, désabusée n’a pas disparu dans l’euphorie de la victoire. La colère ne s’est pas diluée dans la vague triomphante d’élections législatives marquées par une abstention record. Dans leurs premiers mots devant le congrès et devant l’assemblée nationale, Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont d’ailleurs pris la précaution de rappeler qu’ils n’avaient pas oublié les conditions de leur arrivée au pouvoir, ce ne doit pas être une simple formule sémantique. Cette France du 23 avril qui n’est pas représentée à l’assemblée peut ressurgir à tout instant, dans la rue par exemple, si elle se sent un peu trop vite oubliée.

Attention au retour de bâton. C'était l'édito politique. Merci Antonin André.