La France en situation de "quasi guerre civile", la contre-attaque de François Fillon

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
Partagez sur :

François Fillon a contre-attaqué après l'ouverture d'une information judiciaire à son encontre, en déclarant que la France est en situation de "quasi guerre civile".

La politique c’est la contre-attaque de François Fillon, accuse le gouvernement et le Premier ministre "de ne pas ne pas assurer les conditions d’un exercice serein de la démocratie", selon lui nous serions dans une situation de "quasi guerre civile".

Des concerts de casseroles perturbent des meetings de candidats à la présidentielle, une poignée de zadistes  cassent des vitrines à Nantes lors d’une manifestation anti Front National, et quelques lycées parisiens sont bloqués. On se demande pourquoi François Fillon parle de "quasi guerre civile". Enlevons le "quasi", la France est en guerre civile, et si le gouvernement reste passif c’est probablement parce que la situation est telle qu’il prépare sa fuite. Et dire que s’il n’y avait pas eu un communiqué de François Fillon à 19h40 dans la torpeur d’un dimanche soir ce serait passé inaperçu. 48h après l’ouverture d’une information judiciaire à son encontre, François Fillon dénonce un climat de quasi-Guerre civile. On est entre la politique pour les Nuls et la politique expliquée aux enfants.

On est dans la stratégie du  contre-feu. Quel bénéfice politique François Fillon peut espérer en retirer ?

Re-Mobiliser la droite et mobiliser sa famille. Cette présidentielle était l’élection imperdable pour la droite, l’acharnement de la justice avec la complicité du gouvernement veut lui  voler la victoire. Voilà le propos de François Fillon et il est poussé à le faire, sans nuance, parce que dans le couloir d’à côté, il y a une candidate qui fait la course en tête, avec elle aussi des dossiers judiciaires à ses basques  et qui n’a aucune limite dans la surenchère. Marine Le Pen avec une violence inouïe, digne de son père, y va à fond dans la radicalisation en s’en prenant au système, aux médias, aux juges. François Fillon ne peut pas donner le sentiment à son camp qu’il se laisse faire sans réagir sinon autant renoncer toute de suite. Il a tenu, il a résisté, il a survécu, mais ça en suffira pas,  il doit maintenant démontrer à la droite qu’il sort renforcé de l’épreuve. Il doit se battre mais avec autre chose qu’un communiqué, il faut qu’il fasse campagne et arrête de donner le sentiment qu’il se cache.