Hamon face au défi du rassemblement de la gauche

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L'édito politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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La victoire de Benoît Hamon à la primaire organisée par le PS n'est qu'une première étape, il doit maintenant rassembler les forces de gauche autour de lui.

Benoît Hamon a remporté la primaire organisée par le PS, mais le plus dur commence pour lui avec le rassemblement des socialistes d’abord, puis celui de la gauche ensuite…

Même le meilleur des chirurgiens aurait du mal à réduire la fracture qui traverse le PS. Derrière les déclarations d’intentions et les mains tendues, ce parti sort du quinquennat et de la primaire divisé, à la fois sur le travail, sur la sécurité, sur la laïcité et sur l’écologie. La très brève poignée de main entre Benoît Hamon et Manuel Valls en est le signe. La synthèse hollandaise ultime version du PS d’Epinay a vécu.

Ça ne veut pas dire que le parti socialiste va exploser demain, il peut tenir le temps de la campagne, dans une sorte de cohabitation mais Benoît Hamon aura ses frondeurs. Certains partiront peut-être chez Emmanuel Macron, parce qu’ils sont plus proche de lui idéologiquement, parce qu’il est les mieux placé dans les sondages, les autres resteront en retrait , à l’image de Manuel Valls. Comment imaginez l’ancien Premier ministre faire campagne avec un Benoît Hamon qui tend la main aux écologistes et aux amis de Jean-Luc Mélenchon, les plus virulents opposants du quinquennat ?

Le rassemblement avec Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot ne s’annonce pas moins compliqué. Eux aussi ont été pris par surprise : ils n’attendaient pas Benoît Hamon. Jean-Luc Mélenchon le premier : il refusait de participer à la primaire parce que, précisément, il la qualifiait de primaire de désignation de François Hollande ou de Manuel Valls, et donc ingagnable pour un candidat de la gauche de la gauche. Benoît Hamon lui a prouvé le contraire et il devient un concurrent direct.

Il va falloir que Jean-Luc Mélenchon explique en quoi sur le fond, sa gauche n’est pas conciliable avec celle de Benoît Hamon, qu’il assume d’être le diviseur. Quant à Yannick Jadot, il se cabre pour l’instant, mais les soutiens de Cécile Duflot et Noël Mamère ont ouvert la voie à ce que le candidat écologiste, peu connu et encore loin des 500 parrainages, finisse par renoncer. C’est une hypothèse sérieuse. Le paradoxe c’est que le rassemblement Hamon/Jadot/Mélenchon parait sur le fond beaucoup plus cohérent qu’un rassemblement Hamon/Valls. On le voit, l’élection de Benoît Hamon bouleverse le jeu à gauche.