François Hollande, le faux retraité de la politique

  • A
  • A
L'édito politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
Partagez sur :

Après avoir décidé de renoncer à être candidat, François Hollande ne prendra certainement position pour son favori.

François Hollande est sorti du jeu politique en renonçant à se présenter à la présidentielle. Il assure pleinement ses fonctions, à l’international notamment, est-ce que ça veut dire qu’il est un pré-retraité de la politique ?

François Hollande a opéré un retrait tactique pour prendre une image, François Hollande s’est assis sur un banc dans un parc, détendu et il regarde les candidats à la primaire s’écharper. Bien sûr, il a tout fait pour être candidat, mais depuis qu’il a pris la décision de renoncer: il est délivré de cette pression de la candidature. Et il se tient en retrait parce qu’il ne veut pas prendre parti pour l’un ou pour l’autre. Il n’a pas renoncé à la primaire pour y participer par procuration au risque de surcroit de voir perdre son favori. Donc, il ne  veut soutenir personne publiquement en tous cas,  ni Manuel Valls ni Vincent Peillon. Il se tait d’où un  agenda médiatique très allégé. Et pour l’anecdote, le 22 janvier, date du premier tour de la primaire, le président sera loin. Il sera en voyage en Amérique du sud entre le Chili et la Colombie.

Et après la primaire, une fois le résultat connu, Est-ce qu’il s’engagera dans la campagne présidentielle ?

Oui. Alors bien sûr pas en faisant campagne sur les tribunes, le président de la République est le représentant de tous les Français, mais il s’exprimera dans les médias, dans ses discours. Appel au  rassemblement de la gauche menacée par la division : au vainqueur de la primaire, à Jean-Luc Mélenchon, à Emmanuel Macron. Il dira :  "Je me suis sacrifié parec que je n’étais pas en mesure de rassembler, suivez-mon exemple". L’ambition individuelle ne peut pas primer sur l’intérêt général.

Et s’il n’est pas entendu, qui choisira-t-il ? Entre le vainqueur de la primaire et Emmanuel Macron ?

Nous ne sommes pas dans la tête de François Hollande mais il y a une chose qu’il ne faut pas minimiser : l’attachement viscéral, charnel de François Hollande au PS. Sa vie politique c’est une vie de fêtes de la rose et de tournées des sections. Plus de dix ans il a dirigé ce parti. Le poing à la rose c’est sa bannière. Même en cas de victoire d’Arnaud Montebourg qui l’a éreinté pendant ce quinquennat, il ne serait pas du tout surprenant de voir le président Hollande le soutenir in fine plutôt qu’Emmanuel Macron.