François Hollande avait ses frondeurs, François Fillon a ses grondeurs

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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Face à la fermeté de sa campagne, nombreux sont ceux qui grondent à l'évocation de certains choix de François Fillon.

La politique c’est le rassemblement à marche forcée derrière François Fillon, le candidat des Républicains voit s’allonger la liste des doléances et des mécontents mais lui reste sourd à la fronde.

François Hollande avait ses frondeurs, François Fillon a ses grondeurs. Les amis de Nicolas Sarkozy, qui  vont se réunir la semaine prochaine pour organiser leur soutien critique au candidat. "L’unité ce n’est pas l’uniformité" a prévenu Laurent Wauquiez, François Fillon est prévenu. Grondeurs aussi les Cumulards, ils vont faire de la résistance. François Fillon doit s’attendre à une confrontation tendue à son QG demain avec les parlementaires. Grondeurs toujours les centristes de l’UDI, négociations rompues jeudi soir. Grondeuses les femmes ! Seulement 36% d’investitures féminines aux législatives, la parité n’est pas la priorité, d’ailleurs pour son gouvernement si l’on en croit ses proches, François Fillon n’a pas du tout l’intention de se plier à cette règle qualifiée de "gadget". Plus la campagne avance plus la grogne monte sans que cela n’entame la fermeté de François Fillon c’est même le contraire, plus ça gronde plus il cogne en mode le chef c’est moi C’est marche ou crève.

En même temps c’est cohérent, François Fillon a  fait de la fermeté l’axe de  sa campagne, c’est son pari et c’‘est comme ça qu’il a gagné la primaire.

Oui, la droite en France est bonapartiste, elle a la culture du chef. Nicolas Sarkozy lorsqu’il a pris l’UMP en 2004 n’en n’a pas fait un kolkhoze. "Un chef c’est fait pour cheffer" disait Jacques Chirac, la famille de droite s’est choisie un leader : François Fillon. Il est légitime ! Deuxième élément : le pays. François Fillon considère que la présidence molle de François Hollande appelle une présidence dure et autoritaire. L’autorité, la capacité à tenir sous le feu des critiques c’est ce que le pays attend de lui. S’il plie sous les grondeurs il y perdra  le sens de sa campagne. De ce point de vue, il est constant et cohérent, mais une présidentielle  ça se gagne avec une dynamique, il faut une vision mais il faut aussi un parti, des élus mobilisés et enthousiastes pour faire la campagne, pour la porter, la relayer. C’est une question de management, le rassemblement à coups de baïonnettes n’est pas le chemin le plus sûr pour conduire ses troupes à la victoire.