François Fillon, la fuite en avant

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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François Fillon fait basculer l’élection présidentielle dans une dimension inédite en faisant de son sort personnel l’enjeu central de sa campagne.

La politique c’est la fuite en avant de François Fillon, même mis en examen il ne renoncera pas, il sera candidat jusqu’au bout, il appelle sa famille politique à résister.

"Je ne me rendrai pas", c’est la formule d’un homme cerné, acculé, retranché. "Je ne me rendrai pas". Si par miracle je m’en sors vous vous en sortirez, si comme c’est le risque j’y passe, vous y passerez avec moi. François Fillon fait basculer l’élection présidentielle dans une dimension inédite en faisant de son sort personnel l’enjeu central de sa campagne. Oubliez le programme, le redressement national, la réforme de l’assurance maladie ou les annonces sur le pouvoir d’achat. Ce n’est plus le sujet. Le sujet central c’est l’entrée en résistance contre un système judiciaire, médiatique, politique qui veut empêcher le candidat de la droite. Il pourfend le système avec un appel au peuple à manifester son soutien dimanche, place du Trocadéro, à l’endroit où le Nicolas Sarkozy le 1er mai 2012 avait organisé son dernier grand meeting de campagne.

On voit les défections se multiplier, est-ce que François Fillon peut tenir ?

Oui. Rien ni personne ne peut l’en empêcher. Le maintien de sa candidature relève de sa seule décision, il a les 500 parrainages requis il est même le seul à les avoir à ce stade. Donc il est strictement légitime à être candidat. De surcroit, les électeurs l’ont désigné à la primaire. Et ses amis politiques quand la question du plan B se posait, il y a plusieurs semaines, se sont tous défaussé, Alain Juppé boudeur, Nicolas Sarkozy qui lui a dit "tiens bon !". C’est trop tard ! Il n’ y a pas de plan B ! Donc oui il peut tenir malgré les sifflets, les casseroles, les défections de ceux qui étaient les premiers  à se rallier au soir de sa victoire et qui sont les premiers à le lâcher. Il joue d’ailleurs uniquement sur ce registre désormais : la détermination, la solidité. Même les juges n’ont pas les moyens de l’ empêcher, une mise en examen n’est pas un jugement de culpabilité. La Ve république est ainsi faite, in fine c’est un homme face à l’opinion. Et l’opinion peut choisir un homme douteux, Mitterrand  l’avait théorisé dans un livre le coup d’état permanent dès 1964.