Fillon dans la tourmente comme Hollande en 2011

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L'édito politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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L'enjeu pour François Fillon est de tenir bon jusqu'au bout puisqu'il est bien placé pour l'emporter face à une gauche qui prend toute la place de la polémique politique.

L'édito politique a été réalisé par David Doukhan.

La politique c’est la mauvaise passe de François Fillon. Va-et-vient sur la sécu, position pro-poutine assumée mais de plus en plus difficile à défendre pendant qu’Alep est massacrée.

Oui, sa victoire à la primaire, c’était celle de la clarté. Ces jours-ci c’est au mieux le flou, au pire la reculade. Sa victoire était celle de la radicalité : il s’enlise dans le compromis.  Sa victoire c’était celle de celui qui assume qui dit les choses. Il lui a fallu trois jours pour enfin s’exprimer sur le drame d’Alep. Donc, oui, François Fillon traverse une sévère zone de turbulence !

Est-ce que ça veut dire qu’il faut qu’il s’inquiète ?

Non pas du tout, voilà le paradoxe !

D’abord parce que la gauche prend toute la place. Entre les accusations de mauvais payeurs, et les volte-face de Manuel Valls sur le 49.3, les mésaventures de François Fillon sur la sécu, restent au second plan sur l’échelle de Richter de la crise de nerfs politique.

Ensuite François Fillon est en train de vivre exactement ce qu’a vécu François Hollande en novembre-décembre 2011. Il était le grand vainqueur de la primaire et tout de suite c’est polémique sur polémique. Crise de couple avec les Verts sur la question du Mox, ce combustible nucléaire auquel François Hollande ne voulait pas renoncer, critiques sur son équipe de campagne, les économistes qui sonnent l’alerte : "ta prévision de croissance à 2.5 c’est du fantasme". Bref, la période veut ça. Vous êtes désigné, vous êtes favori, vous n’avez encore personne en face et on dit "la campagne patine".

Au final, François Hollande a fini par gagner parce que le pays était à gauche.

Aujourd’hui le pays est à droite (majorité à presque toutes les élections intermédiaires depuis cinq ans), donc l’enjeu pour François Fillon c’est de tenir jusqu’à fin janvier sans trop s’abîmer. Ensuite, commenceront les choses sérieuses.

À vous entendre, François Fillon a gagné d’avance !

Impossible de prédire quoi que ce soit à cinq mois d’une élection donc il n’a pas déjà gagné mais en tous cas, il est très loin d’avoir déjà perdu !