En dix jours, le gouvernement a brisé ses relations jusqu'ici plutôt bonnes avec la police

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L'édito politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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La colère ne s'éteint pas dans les rangs de la police depuis l'attaque au cocktail Molotov contre les policiers de Viry-Châtillon. 

"Sauvageon". Tout est parti de ce mot du ministre de L’Intérieur pour qualifier des agresseurs qui voulaient tuer. Quand on jette des cocktails molotov à l’intérieur d’une voiture de police c’est pour tuer. Ce mot, symboliquement, ça renvoie à l’image de garnement auquel on tire l’oreille. Pour les policiers c’est insupportable et cela a réveillé ce sentiment qu’ils sont de la chair à canon envoyé en première ligne, sans qu’à l’arrière, magistrats et politiques assurent le suivi de l’autorité.

Dans les témoignages qu’on entend de ces policiers aux visages cachés, on entend la colère donc mais aussi l’expression de la peur. Pourquoi ? Parce que lorsque les policiers se sentent peu soutenus, déconsidérés, dans la rue, ceux qui les agressent, les délinquants, le perçoivent aussi et eux se sentent plus forts.

Pourtant, ce gouvernement a recréé des postes dans la police, 9.000 durant le quinquennat,  selon le ministre de l'Intérieur.

C’est le paradoxe. Nicolas Sarkozy sous un  quinquennat de droite avait supprimé 12 000 postes dans la police et la gendarmerie. François Hollande leur a donné plus de moyens, des postes, des équipements : armes automatiques plus adaptées aux menaces terroristes , la rénovation du parc automobiles, des casernes, ainsi qu'un renforcement des moyens juridiques : quatre lois sur la sécurité et de  la lutte contre le terrorisme depuis 2012.

Face au terrorisme, la gauche au pouvoir s’est convertie sans aucun état d’âme à la priorité de la sécurité. Elle a donné des preuves sonnantes et trébuchantes. Mais en 10 jours, ce bilan est occulté, relégué. L’autorité, ça ne passe pas seulement par un fusil mitrailleur et un gilet pare-balles, ça passe par un soutien, une fermeté, l’incarnation d’un gouvernement fort sur lequel la police a besoin de s’appuyer et qui aujourd’hui fait défaut.