Emmanuel Macron, le vote utile est un vote de la peur

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L'édito politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Emmanuel Macron n'est pas le mieux placé pour battre Marine Le Pen au second tour.

L’édito politique Antonin André consacré à Emmanuel Macron, l’invité de notre matinale spéciale présidentielle. Beaucoup à gauche appellent à voter pour lui dès le premier tour pour faire barrage à Marine le Pen Le vote utile dès le premier tour

Et c’est un non-sens démocratique le premier tour d’une présidentielle c’est un vote de conviction. On choisit un candidat parce qu’on adhère à ses idées, à son programme à sa vision. Le vote utile c’est un vote défensif, un vote de la peur. On vous colle les  sondages sur la tempe et on vous dit  "fais gaffe vote bien si tu ne veux pas que Marine le Pen passe" Un non-sens démocratique et pourtant ça fonctionne à plein pour Emmanuel Macron a l’image des ralliements d’élus, de gauche, du centre et quelques-uns à droite. Pourquoi ? Parce qu’à l’inverse de 2007 et de 2012 il y a, pour la 1ere fois en France, une possibilité de victoire pour le FN. 2007 : le match Royal Sarkozy écrasait le risque Jean-Marie Le Pen au second tour. En 2012 le souffle de l’alternance était trop puissant pour permettre à Marine le Pen de se qualifier. En 2017 personne ne doute de sa présence au second tour et certains se disent qu’elle peut gagner.

Emmanuel Macron vote utile, les sondages prétendent qu’il est le mieux placé pour battre Marine le Pen. Est-ce que c’est le cas, est-ce qu’il est la meilleure garantie ?

Pas à 100% loin s’en faut, d’abord  parce que par définition les sondages ne sont pas une prédiction ensuite parce qu’il a des fragilités. Emmanuel Macron c’est le favori aux pieds d’argile. Première faiblesse : aussi haut soit-il dans les sondages, son socle est friable, seuls 45 à 50% des électeurs qui le choisissent sont sûrs de leur vote. Les autres peuvent  changer, parce qu’il ne les convainc pas totalement. Sur sa solidité, sur son expérience, sur son programme. Deuxième faiblesse : le vote populaire. Les ouvriers à  plus de 40% votent Marine le Pen, Emmanuel Macron est deuxième très loin derrière 17% à peu près au même niveau que Benoît Hamon. Or pour  gagner une présidentielle il faut être fort chez les ouvriers et les employés qui représentent 10 millions d’électeurs. Le retard accusé par Emmanuel Macron auprès de cet électorat peut encore se rattraper dans la dernière ligne droite, mais c’est aujourd’hui son talon d’Achille.