Emmanuel Macron devant le Congrès le 3 juillet ?

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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Antonin André nous livre son édito politique concernant la prise de parole d'Emmanuel Macron devant le Congrès avant le discours de politique générale d'Édouard Philippe.

L’édito politique, c’est la volonté d’Emmanuel Macron de parler aux Français via une adresse solennelle, devant le Parlement réuni en Congrès. Une adresse qu’il envisage la veille du discours de politique générale du Premier ministre le 3 juillet…

Le Président veut son discours sur l’État de l’Union à l’image du président américain qui, à peine entré en fonction, prononce un discours devant les parlementaires. Depuis son élection, Emmanuel Macron ne s’est pas adressé directement aux Français, et il veut le faire directement sans passer par le filtre médiatique, donc le Congrès dès le début de la saison parlementaire.

Pour dire quoi ? "Nous allons passer cinq ans ensemble, voilà l’état du pays et voici les défis que j’identifie pour mon quinquennat." La date évoquée, le 3 juillet, 24 heures avant le Premier ministre devant l’Assemblée. Oui, c’est une option qui n’est pas encore définitivement arrêtée, mais qui est pensée, argumentée même par l’Élysée. L’idée, c’est de faire porter deux discours successivement par le Président le lundi et le Premier ministre le mardi, deux discours construits ensemble, articulés ensemble. Les défis, le cap pour le Président, la méthode, le rythme pour le Premier ministre. Une mise en scène de l’exécutif pour marquer de sa puissance la majorité parlementaire, la mettre aux ordres et en ordre de marche.

Un plan bien pensé… On comprend l’intérêt, sauf que ce ne sera pas forcément perçu comme cela. Le risque, c’est que le Président, entre guillemets, "écrase" le Premier ministre.

Matignon, qui était plutôt séduit par le plan raffiné et audacieux de l’Élysée, est très refroidi depuis que la date du 3 juillet a fuité dans la presse. Parce qu’évidemment la subtilité de la communication d’Emmanuel Macron est contre tous les usages républicains. La puissance d’un Président s’exprimant devant le Congrès, discours concordant ou non, réduira considérablement la portée du discours de politique générale de son Premier ministre 24 heures plus tard, et scrupuleuse répartition des rôles à laquelle veille Emmanuel Macron. Entre un Président en retrait et un Premier ministre réhabilité dans sa fonction après deux quinquennats qui l’ont réduit au rang de collaborateur, cette belle architecture deviendrait bien fragile. L’effet cacophonique de cette partition alambiquée risquant de nuire aux deux intérprètes…