Emmanuel Macron déstabilise à droite comme à gauche

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
Partagez sur :

Alors qu'il perturbe déjà la primaire de la gauche, Emmanuel Macron marche désormais sur les terres de Marine Le Pen.

La politique c’est la stratégie d’Emmanuel Macron : il ne participe pas à la primaire de la gauche mais il fait tout pour la perturber. Et fait nouveau, il va aussi défier Marine le Pen sur ses terres. Il déstabilise à droite et à gauche donc.

Hold-Up sur la primaire de la gauche ! Emmanuel Macron est pris en flagrant délit de braquage. Le butin ? Les électeurs socialistes. Consciencieusement depuis la rentrée, il laboure les bastions historiques de la gauche : Nevers, Clermont-Ferrand, ce week-end Lens, et un grand meeting à Lille. Le but : torpiller la primaire de la gauche et détourner l’électorat socialiste à son profit et ça prend. On le voit dans les salles qu’il remplit. C’est concret et  on le mesure  aussi dans les études d’opinion, Emmanuel Macron séduit entre 30 et 40% des électeurs de François Hollande au premier tour de 2012, il ne vous restera que des miettes !  dit-il en substance aux candidats de la primaire.

Deuxième mouvement qu’il est en train d’amorcer: il va défier Marine le Pen.. à Hénin Beaumont où il se rendra et en février à Lyon Emmanuel Macron tiendra meeting le même jour que Marine Le Pen. C’est bien vu, Non seulement il poursuit la conquête à gauche : le réflexe anti-le Pen, mais il s’adresse dans aussi  à l’électorat anti-système. Emmanuel Macron est en train de structurer et c’est nouveau, son offre politique.

Il dessine l’idée d’un duel de second tour entre lui et Marine le Pen en quelque sorte ? Il zappe François Fillon ?

Voila Il installe l’idée du duel, Le Pen-Macron. D’autant que les centristes un peu refroidis par  François Fillon, regardent vers lui. Hier dans ce studio, François Bayrou a donné l’impression d’une digue de plus en plus haute entre François Fillon et lui alors que dans le même temps il s’est montré disons attentif, à l’écoute d’Emmanuel Macron. "J’attends de voir son projet", c’est nouveau !  Il faut se rappeler de François Bayrou fustigeant "l’Hologramme Macron instrument de très grands intérêts financiers". Les attaques d’hier se sont muées en déclaration d’intérêt.

La tectonique des plaques politiques s’est mise en mouvement sous l’effet Macron, candidat qui  suscitait la moquerie hier, et qui aujourd’hui il fait peur à ses adversaires. C’était perceptible aux vœux de  François Fillon, l’hypothèse Macron revenait dans toute les conversations entre Républicains.