Emmanuel Macron, ce président PDG

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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Après le recadrage spectaculaire infligé aux militaires, ce sont les élus locaux qui sont ressorti sonnés hier de leur rencontre avec le Président.

L’édito politique d'Europe 1. Bonjour Antonin André. Après le recadrage spectaculaire infligé aux militaires, ce sont les élus locaux qui sont ressorti sonnés hier de leur rencontre avec le Président : le message pour résumé faites des économies, quitte à supprimer des élus, sinon ça va mal se passer entre nous.

C’est moi le chef ! Les auditoires se succèdent, le message est le même. Au chef d’Etat-Major des armées : s’il y a désaccord il partira. Aux élus locaux : si vous ne faites pas le boulot il y aura des corrections. L’expression présidentielle prend un tour très autoritaire et ce ne sont pas juste des mots c’est le discours d’une méthode qui se met en place : celle d’une structure pyramidale du pouvoir, hyper centralisé, hyper jacobin, à la main du chef, Emmanuel Macron. Oubliez le dessein d’un équilibre des pouvoirs, d’une répartition entre l’Elysée et Matignon, un président cantonné aux arbitrages et à l’international et un Premier ministre qui gouverne. Deux mois après son élection Emmanuel Macron a pris le contrôle. Cela passe par le partage de conseillers entre l’Elysée et Matignon dont la quasi-totalité procède d’Emmanuel Macron, la nomination d’hommes du président comme secrétaire d’Etat pour être ses yeux, ses oreilles, ses relais. Des directeurs d’administration qui attendent d’être audités, remplacés pour être à l’unisson du président, jusqu’à une majorité parlementaire qui doit tout au président.

Ce que vous nous dites c’est qu’Emmanuel Macron comme ses prédécesseurs est un président qui se mêle de tout et qui délègue peu. Comme Nicolas Sarkozy ou François Hollande.

Le style est différent, Emmanuel Macron c’est le président PDG. Il vient du privé, sa méthode c’est le management bride courte : le chef donne des missions précises, avec objectifs chiffrés et obligation de résultat. Il met la pression sur tout le monde, Premier ministre compris. Pourquoi ? Parce qu’il doit rendre des comptes aux actionnaires. Les actionnaires ce sont les électeurs qui le jugeront dans cinq ans. L’approche est différente, la méthode aussi, le style, mais la logique est implacable et elle s’impose à Emmanuel Macron comme aux autres. La logique c’est celle de la 5ème république : un régime présidentiel avec une hiérarchie du pouvoir bien établie et qui repose sur l’onction du suffrage universel, le sacrement d’un homme par le peuple et qui confère à la fonction présidentielle les traits d’un pouvoir très centralisé et  très personnel.

C'était l'édito politique. Merci Antonin André.