Débat de la primaire : le match n'a pas eu lieu !

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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En comparaison du premier débat de la primaire de la droite qui était beaucoup plus punchy, tout le monde s'est neutralisé hier soir et il n'y a pas eu d'échange direct.

La politique c’est le premier débat de la primaire de la gauche. Un débat sans confrontation réelle, le match n’a pas vraiment eu lieu.

Tout le monde s’est neutralisé, dans un grand oral ou chacun passe tour tour, mais pas un échange direct. Il y a une explication évidente : éviter le piège de l’exercice, ne pas se fracasser ou se fracturer puisqu’il faudra se rassembler. Mais au-delà de ça et c’était frappant en comparaison du premier débat de la primaire de la droite qui était beaucoup plus punchy, il n’y avait pas de souffle ou d’intensité. On avait le sentiment de prétendants résignés et d’une absence d’enjeu. Et c’est ça la grande différence, le débat d’hier c’était la série Walking Dead, des zombies qui avancent sans se presser vers la défaite. À droite, tous étaient habités par l’idée que le vainqueur de leur primaire serait, à tort ou à raison, la suite le dira, le prochain président. Jean-Luc Béhnamias, dans le rôle du Bouffon, a joué son rôle : celui de dire par l’humour des vérités irrévérencieuses : Nous sommes sept petits candidats.

Dans ce non débat, qui gagne, qui perd ?

Dans ce non débat, comparativement Manuel Valls conserve l’avantage statutaire. Premier ministre sortant il a un taux de crédibilité présidentielle évident. La maîtrise des sujets, l’autorité et l’expérience. D’autant qu’il n’a pas été attaqué ou si peu, il a même bénéficié de dix minutes d’hommage unanime sur la sécurité et la gestion des attentats.

Face à lui Arnaud Montebourg  et Benoît Hamon ont tenu leur rôle sans que l'un ou l’autre ne fasse la différence. Match nul entre eux, ils défendent chacun dans leur style une alternative de gauche le revenu universel pour l’un, le plan de relance pour l’autre, on voit qu’ils ont travaillé, mais c’est parfois c’est un peu technique, un peu compliqué.

Quant à Vincent Peillon, c’est un bon pédagogue,  il est un  formidable professeur, philosophe, historien, Habile avec les concepts et les références, mais un débat de la primaire n’est pas une chair universitaire. Il donnait l’impression d’être seul sur le plateau tant il ne calculait pas ses concurrents.

Finalement on a le sentiment d’avoir eu un débat certes de bonne tenue, mais sans enjeu, sans échange : un débat pour rien.