Chômage : l'avenir s'assombrit pour François Hollande

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L'édito politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Alors qu'il avait promis de ne pas se représenter si la courbe du chômage ne s'inversait pas, François Hollande n'a pu que constater la forte hausse du mois d'août.

La politique c’est ce chiffre qui claque comme un camouflet pour le Président de la République, plus 50.200 demandeurs d’emplois en août. Sur l’année, le chômage est en baisse mais l’inversion de la courbe semble de plus en plus fragile.

Le boulet du quinquennat. Est-ce que vous vous rendez compte que cette idée d’inversion de la courbe  du chômage a germée toute seule dans la tête de François Hollande en septembre 2012, en quelques minutes alors qu’il répond au question de Claire Chazal. Il l’a inventé comme ça, il me l’a raconté pour tenter de faire passer l’explosion des impôts. Or si la courbe ne s’inverse pas, il ne sera pas candidat à moins de se dédire. Voilà sur quoi il joue son va-tout. Depuis le début de l’année, vous l’avez dit le chômage est en baisse de 23.000 mais c’est fragile.

Même s’il y a inversion, est-ce que ça suffira ? François Hollande est entré en campagne, il "accélère", mais les sondages ne bougent pas, voire ils baissent le concernant.

Souvenez-vous du grand discours de Wagram, l’enthousiasme de ses fidèles et les commentaires dans la presse : le déclic. On rentre dans le dur, le superbe candidat va prendre l’ascendant sur le triste président. Bref le début de la reconquête. Qui y avait-il à Wagram ? Des cadres du PS, quelques hauts-fonctionnaires et de vieux barons régionaux. Quel effet sur l’opinion publique ? Queue d’chi. Non seulement il y a un doute sur l’efficacité de l’émetteur François Hollande, mais une campagne électorale ça ne se gagne pas dans des salons à Paris, ni par des discours devant des assemblées d’universitaires ou des médecins. Les sondages en attestent, c’est comme s’il ne s’était rien passé.

Alors pourquoi s’obstiner, franchement, comment y croit-il encore ?

Deux raisons, François Hollande est un éternel optimiste, il est mort plusieurs fois en politique, on l’a déjà rappelé ici.

Deuxième raison : sa trace dans l’Histoire, il y tient. Or qui défendra son bilan ? Qui réhabilitera son quinquennat s’il jette l’éponge avant la primaire ? Personne, tous piétineront son héritage pour apparaître neuf. La primaire avec ses débats, ses réunions publiques car il y en aura, c’est veut croire François Hollande, le moyen de se re-légitimer auprès du peuple de gauche.