Ce gouvernement peut-il permettre à Emmanuel Macron de gagner les législatives ?

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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Quelques heures après la nomination des nouveaux ministres du gouvernement, Antonin André nous livre son édito politique.

La politique c’est le gouvernement d’Emmanuel Macron, un gouvernement marqué par la poursuite dans la continuité de son objectif de recomposition de la vie politique avec en ligne de mire les législatives.

Deux noms incarnent à eux seuls le coup de semonce qui secoue le paysage politique : Nicolas Hulot et Gérald Darmanin. Nicolas Hulot incarne à lui seul l’écologie aux yeux des Français, il transcende les clivages politique, l’une des personnalités préférées des Français. Europe Ecologie les Verts a explosé, Emmanuel Macron leur donne le coup de grâce avec Nicolas Hulot. Il a des responsabilités, il est numéro trois du gouvernement, ministre d’État. Il n’y a plus aucune raison aux législatives de voter pour les derniers apparatchiks EELV en voie de disparition. Le vrai pouvoir écologiste est au gouvernement. Quant à Gérald Darmanin, il aurait dû incarner le renouveau de la droite, son avenir, Sarkozyste à la fibre gaulliste social, emblème de la méritocratie lui le fils de femme de ménage petit-fils de Harki, c’est Emmanuel Macron qui lui confie à 34 ans un poste colossal à Bercy.

Un écologiste, deux ministres de droite si on ajoute Bruno Lemaire, trois Modem et six ministres de gauche. L’objectif c’est la majorité absolue.

Spectaculaire, ce gouvernement est spectaculaire pour gagner les législatives. C’est un gouvernement de conquête. Un équilibre bien dosé pour déminer l’idée de débauchages à la façon de Nicolas Sarkozy en 2007. Les ministres de droite et du centre ont des responsabilités ils ne sont pas là pour faire de la figuration. Autre message : la compétence avec des ministres de la société civile. Ça peut fonctionner s’il n’y a pas d’imprévu, pas de couac de la part d’un ministre dans le mois qui vient. C’est déjà arrivé avec Jean-Jacques Servan Shreiber en 1974, ministre 10 jours avant d’être écarté pour s’être opposé aux essais nucléaires ou Léon Schwartzenberg en 1988 parti au bout de huit jours. Nicolas Hulot est capable de claquer la porte s’il estime que le contrat n’est pas respecté. Un gouvernement spectaculaire qui n’est pas fait pour durer. Aussi compétents soient-ils, les ministres de la société civile vont découvrir la complexité et le combat politique, un changement de monde. Mais on l’a compris dans le logiciel d’Emmanuel Macron la première qualité d’un ministre pour Emmanuel Macron n’est pas de durer, mais d’être efficace.