Candidature d’Emmanuel Macron : comment modifie-t-elle la donne pour la présidentielle ?

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L'édito politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Alors qu'Emmanuel Macron devrait officialiser sa candidature ce mercredi, on peut déjà constater qu'il grappille des points à tous les candidats.

La politique, c’est la candidature d’Emmanuel Macron à la présidentielle officialisée ce mardi. Qui doit craindre sa candidature ? À qui fait-il peur ?

À tout le monde. Emmanuel Macron, c’est le candidat cannibale. Il prend à tous les candidats. Il bouleverse le jeu façon François Bayrou en 2007 ou Jean-Pierre Chevènement en 2001 avec son côté droite et gauche. Testé sur un premier tour de présidentielle, Il prend six points à Alain Juppé d’après Ipsos, face à Nicolas Sarkozy il croque quatre points à l’ancien président et même deux points à Marine Le Pen. Alors, le paradoxe, c’est qu’il prend moins de voix à ses concurrents de gauche, seulement 2,5 points à François Hollande. Il grappille aussi quelques voix à Jean-Luc-Mélenchon. Résultat, Emmanuel Macron est crédité d’un socle qui varie entre 12 et 15% selon les sondages. Suffisant pour troubler le jeu, mais pas pour se qualifier au second tour.

Qu’est-ce qui lui manque ? Comment passer la marche pour le second tour ?

La gauche, il lui manque la gauche. "Je ne suis pas socialiste, je suis de gauche", a dit Emmanuel Macron. Cette gauche aujourd’hui, elle ne le soutient pas, elle ne le croit pas. Il reste associé à la loi Travail, au tournant libéral du quinquennat. Sur la forme même, Emmanuel Macron reste associé à l’image du traître. Comment reconquérir cette gauche ? Comment briser le malentendu et se relégitimer ? Il doit se présenter à la primaire de la gauche. Souvenez-Vous Ségolène Royal en 2006. Elle fustigeait le système, l’appareil du PS et ses éléphants qui la prenaient de haut. Elle en a essuyé des procès en illégitimité. Qu’est-ce qu’elle a fait ? Elle a pris le PS à son propre piège, elle est passée par la primaire. Avec les légions de fans de son association Désir d’Avenir. Emmanuel Macron a derrière lui près de 100.000 marcheurs. S’il se sent fort et s’il veut gravir la marche du premier tour pour accéder au second, il doit passer par la primaire de la gauche, battre les Montebourg, Hamon et Hollande qui n’auront alors d’autre choix que de s’effacer pour le soutenir.