Candidats à la présidentielle française : chacun voit Trump à sa porte !

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L'édito politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Chaque candidat à la présidentielle, qu'il soit officiellement déclaré ou non, tentera de se servir de l'élection de Donald Trump pour se positionner face à ses électeurs potentiels.

La politique c’est l’impact de la victoire de Donald Trump sur les candidats à la présidentielle en France. Chacun voit dans cette victoire, un argument pour sa propre candidature et ça concerne tout le monde, la droite comme la gauche.

Chacun voit Trump à sa porte.
Marine le Pen bien sûr la première, Trump c’est moi, l’anti système, la France des oubliés, des déclassés, avec des réponses anti-immigrationnistes et protectionniste. Trump a gagné ? Votez pour moi !
Chez les Républicains, Nicolas Sarkozy, lui aussi convoque Trump : le candidat de la majorité silencieuse, l’anti-establishment c’est moi. Avec en prime l’autorité nécessaire pour faire face ce Donald Trump qui effraye tout le monde.
Alain Juppé : alerte, la démagogie et l’extrémisme nous menace, le rempart c’est moi. Trump a gagné votez Juppé.
Non votez Macron plutôt. C’est moi "les respect du vote populaire", la réponse à la colère c’est la fin du statu quo. C’est moi !
Même François Hollande s’appuie sur Trump pour vendre sa candidature. L’enjeu c’est la paix! Le chef de l’État a dramatisé l’enjeu et l’incertitude qui s’ouvre. Il y avait un accent Gaullien dans cette vigilance à instaurer vis-à-vis de l’allié américain.

La protection face au populisme ou la dramatisation, ça peut légitimer une candidature de François Hollande notamment à gauche ? Comme un choix de raison ?

Lui le croit mais la limite à ce positionnement c’est son impopularité. Hillary Clinton, a perdu victime d’un rejet. Une partie des démocrates, ses électeurs naturels ne se sont pas déplacés et ce rejet a été un des leviers de la victoire de Trump. L’impopularité de François Hollande affaiblit fortement son argument. La gauche il l’a déçue, démobilisée. Face au populisme, il n’apparait pas comme une protection évidente. Il y en a un qui l’a tout de suite compris hier et qui lui-aussi voit Trump à sa porte, c’est Manuel Valls. Que retient-il comme leçon, ce n’est pas tremblez les populistes arrivent, non c’est "le besoin de frontières" d’une part et la nécessité de "réguler l’immigration" d’autre part. Face à la promesse défensive de François Hollande, il joue lui l’autorité et la force sur des sujets que la gauche refuse de regarder et de traiter et qui a alimenté durant tout le quinquennat, la progression du vote Front National.