Campagne présidentielle : SOS d'un Bayrou en détresse

  • A
  • A
L'édito politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
Partagez sur :

François Bayrou cherche un peu d’espace politique dans une présidentielle qui risque de se jouer sans lui.

La politique c’est la rentrée de François Bayrou qui réunit ses troupes en Bretagne ce week-end,  le président du MoDem cherche un peu d’espace politique dans une présidentielle qui risque de se jouer sans lui.

Sos Bayrou en détresse. Asphyxié entre Alain Juppé auquel il fait allégeance et Emmanuel Macron qui lui dispute son tout petit Royaume. Ce duel Bayrou-Macron, c’est le choc de deux mondes : politique à l’ancienne contre aspiration au renouveau. François Bayrou revendique un patrimoine, le centre dont il serait propriétaire. Emmanuel Macron lui pourfend cette vision de partis qui croient que les militants sont des soldats avec œillères suivant aveuglément les ordres du patron. Et la menace est sérieuse, Emmanuel Macron a une position centrale, il veut rassembler des bonnes volontés de droite et de gauche et il a l’atout de la nouveauté. Macron c’est Hiroshima sur François Bayrou ! Un François Bayrou sur la défensive, "le centre c’est moi !" répète-t-il en boucle tout en courant se réfugier chez Alain Juppé, comme on cherche auprès d’un plus puissant seigneur asile et protection.

Ça veut dire Antonin que le MoDem, le centre indépendant de François Bayrou peut disparaître ?

70.000 adhérents en 2007, 35.000 adhérents en 2012 et 14.000 adhérents en 2015. On l’oublie mais François Bayrou est parti avec un capital de départ :  l’UDF dont il prend la tête en 1998 forte alors de 77 députés. L’UDF qui a compté jusqu’à 215 députés dans les années 90. Aujourd‘hui, Le Modem c’est seulement deux députés, l’un siège avec les radicaux, l’autre Jean-Lassalle est candidat à la présidentielle. François Bayrou a fondu a dilapidé l’héritage centriste, notamment par ses changements de pieds incessants. En 2002, avec Jacques Chirac, en 2007 contre Nicolas Sarkozy mais pas convaincu par Ségolène Royal, en 2012 derrière François Hollande. Le centre de François Bayrou est devenu un espace politique non identifé.