Campagne présidentielle : l'Europe accusée de tous les maux

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L'édito politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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La campagne présidentielle est marquée par un regain d'd’euro-scepticisme qui gagne même les européens convaincus.

La politique c’est l’Europe accusée de tous les maux par les politiques Français. Cette campagne présidentielle plus que les précédentes est marquée par un regain d’euro-scepticisme qui gagne même les européens convaincus.

"Bidon" c’est le mot de François Fillon pour qualifier la promesse de François Hollande de ramener notre déficit sous les 3% l’an prochain. Mais ce qui est Bidon aussi, c’est l’engagement européen des candidats à la présidentielle qui tous font de l’Europe la mère de tous nos maux. Coupable : les fameux 3% de déficits, ne cherchez ailleurs la cause de nos difficultés économiques. Résultat : Tous les candidats de la primaire de droite annoncent qu’ils ne respecteront pas cet objectif. À gauche c'est pareil, François Hollande avait promis zéro déficit en 2017. Des écologistes, à Arnaud Montebourg, tout le monde tape sur les technocrates de Bruxelles. "Ces ayatollah zélés" comme les nomment encore Jean-François Copé. Sans parler de l’Europe Passoire, première responsable de la crise des migrants.

L’Europe devenue une contrainte plutôt qu’une chance ça revient à se demander pourquoi y rester, les Britanniques l’ont fait pourquoi pas nous ?

Voilà, à force de taper sur l’Europe, ceux qui sont historiquement ses défenseurs, valident l’idée de Marine le Pen et de Jean-Luc Mélenchon d’un référendum sur la sortie de l’Union Européenne. Après le Brexit, arrive l’heure du Frexit promet Marine le Pen. En fustigeant quotidiennement et unanimement l’Europe comme ils le font, les candidats aux primaires de droite comme de gauche ne font que crédibiliser cette issue : un référendum non pas pour rester mais pour sortir de l’Union.  Certains sans l’assumer totalement, proposent eux aussi un référendum sur plus ou moins d’Europe comme Bruno Le Maire, et même François Bayrou. Quel enseignement en tirer ? En 2005 lors du non au référendum sur la Constitution européenne, on avait conclu au divorce entre le peuple eurosceptique et les élites euro-béates. Aujourd’hui, les élites ne cherchent plus à convaincre le peuple des bienfaits d’une Europe qui protège et rend plus fort, elles se contentent de faire écho à sa colère, quitte à ouvrir un nouveau chapitre celui de la déconstruction européenne.