Benoit Hamon fait campagne dans l’indifférence générale

  • A
  • A
L'édito politique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
Partagez sur :

La campagne de Benoît Hamon n'est pas prête de décoller s'il ne lui donne pas du rythme et ne rassemble pas dans son propre camps.

La politique avec la campagne de Benoît Hamon, le temps des négociations avec les verts et avec Jean-Luc Mélenchon est fini, Benoît Hamon retourne sur le terrain mais sa campagne n’imprime pas, ne prend pas.

Même le Parti socialiste semble s’être rendormi depuis la primaire. Antonin André a fait un test simple, il a appelé un dirigeant du PS hier, pas un petit député lambda mais un patron dont on taira le nom. Question : il est où Benoît Hamon aujourd’hui ? Réponse : "je n’en sais rien". Antonin André a donc informé ce dirigeant du parti : il est en Corse et demain à Maseille. "Vous me l’apprenez" répond-il, on est pas vraiment surpris.
Benoît Hamon est resté bloqué dans la campagne des primaires, il n’a rien changé. C’est la campagne des castors juniors de Riri Fifi et loulou. En 2012, François Hollande candidat, vous aviez Manuel Valls patron de la com, Pierre Moscovici directeur de campagne et Julien Dray dans le cœur de la machine. Benoît Hamon fait campagne avec ses potes, habitués des réunions étudiantes et des agora live où les animateurs d’associations culturelles évoquent la mise en péril du spectacle vivant. On est très très loin d’une campagne tournée vers les Français et des enjeux d’une présidentielle.

En même temps Benoît Hamon est contesté par une partie de la famille socialiste qui refuse de faire campagne pour lui, on l’a vu avec Manuel Valls qui a réuni ses troupes. Il n’est pas le seul responsable.

Il est le principal responsable. Quand on gagne la primaire, on doit tout de suite rassembler et c’est au vainqueur de faire les bons gestes. Comment ? En intégrant des propositions des autres candidats, on appelle ça enrichir le programme. En associant les hommes, on choisit des directeurs de campagne ou des porte-parole de ses anciens rivaux. On mobilise les élus, députés ou sénateurs, on mandate une dizaine de chevaux légers pour se déployer sur tout le territoire, faire des meetings dans des petites villes de province. Benoît Hamon n’a rien fait de tout ça. Voilà pour les hommes mais il y a le reste : où est le grand discours du Bourget de Benoît Hamon ? Quel rythme donne-t-il à la campagne ? Et quel projet ? On ne s’adresse pas aux Français en leur parlant uniquement revenu universel et perturbateurs endocriniens. Benoît Hamon ne sort pas de sa zone de confort, il donne l’impression d’un candidat qui se promène dans cette campagne à la rencontre de son public, celui qui l’a porté à la primaire mais qui ne pèsera pas grand-chose dans la présidentielle.