Avec la grâce de Jacqueline Sauvage, Hollande veut marquer l'histoire

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe matin
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Pour David Doukhan, derrière la grâce de Jacqueline Sauvage retrouve la volonté de François Hollande de gagner en popularité pour peser dans la campagne présidentielle.

François Hollande fait des cadeaux… Avec sa décision de gracier Jacqueline Sauvage mercredi, on sent un changement dans les décisions du président. C’est son ami Michel Sapin qui l’expliquait il y a quelques semaines. Il nous annonçait en privé que François Hollande allait devenir l’abbé Pierre ! Oubliez le responsable politique froid, cynique, hésitant… François Hollande est libéré !

Lorsqu’il fut saisi, la première fois du cas Jacqueline Sauvage, il ne lui accorda qu’une grâce partielle car il voulait laisser à la justice le dernier mot pour ménager la susceptibilité des magistrats. Aujourd’hui, François Hollande n’est plus candidat à rien, il n’a plus besoin de ménager qui que ce soit. Alors pourquoi diable se priver de prendre des décisions ultra populaires ? Ce qui cloche dans cette affaire c’est qu’au fond de lui, François Hollande n’a jamais été emballé par le principe même de la grâce présidentielle. Il n’aime pas cette immixtion du pouvoir exécutif dans le judiciaire. Et puis François Hollande n’est pas un tendre, il considère que si l’on n’a pas respecté la loi, si l’on est condamné, on doit payer sa dette.

Mais s’il le fait, c’est parce que François Hollande veut être populaire. Depuis son renoncement, il a déjà doublé son score dans les enquêtes d’opinion passant de 15 à 30% d’opinions favorables.  Avec la grâce de Jacqueline Sauvage, on n’avait jamais vu ça ! De Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen en passant par la droite, tout le monde le félicite ! Tous louent sa sagesse et son humanité, c’est inédit... François Hollande veut flirter avec la popularité de Jacques Chirac mais, lui, avant d’avoir quitté l’Elysée. Vous allez me dire, à quoi bon être populaire si on n’est plus candidat à rien ?

D’abord, ne sous-estimez jamais l’importance de la trace qu’on laisse dans l’histoire. Que dira-t-on de François Hollande ? L’homme au scooter ? L’homme de la déchéance ? Le fossoyeur de la gauche ? Ou bien le chef de guerre qui a protégé les Français jusqu’à la dernière minute de son mandat qu’il a fini en endossant les habits du père de la nation humain et magnanime ? Ensuite, cette popularité François Hollande en a besoin car il a bien l’intention de peser dans les mois qui viennent.  Il ne se mêlera pas de la primaire de la gauche mais il s’exprimera dans la campagne présidentielle à chaque fois qu’il jugera que les valeurs républicaines ou que le modèle social sont en danger. Marine Le Pen et François Fillon sont prévenus. Et plus il sera populaire, plus sa parole comptera.