Vers une résolution du conflit entre la Grèce et la Macédoine ?

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L’édito international est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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François Clemenceau revient chaque matin sur un évènement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

Vous reprendrez bien un peu de Macédoine ?

Les ministres des affaires étrangères de Grèce et de Macédoine se rencontrent aujourd’hui à Vienne sous médiation des Nations Unies. Et il y a bon espoir que leur conflit soit résolu, ce qui ferait du bien à l’Europe. 

L’une des raisons pour lesquelles il existe une salade de légumes qui s’appelle Macédoine, c’est parce que la Macédoine a toujours été une nation très accueillante. On y trouvait au 19e siècle, des Grecs, des Serbes, des Bulgares, des Albanais et même des Turcs et c’est tout le mérite de la Yougoslavie de Tito que d’avoir fait coexister toutes ces minorités dans la république yougoslave de Macédoine. Sauf qu’avec la guerre des Balkans, chacun a pris son indépendance de la Serbie et la Macédoine est devenue indépendante.

Au grand dam de la Grèce ?

Oui, parce que la Grèce n’a jamais accepté que la Macédoine porte le nom de l’une de ses provinces. Et avec elle, l’héritage national et culturel qui l’accompagne. Elle a donc bloqué l’accès de la Macédoine dans toutes les instances internationales possibles, qu’il s’agisse de l’ONU où elle n’existe qu’en tant qu’ex-République yougoslave de Macédoine, de l’Union européenne et de l’OTAN que les autorités macédoniennes veulent intégrer mais jusqu’ici en vain du fait du véto grec.

Mais ça pourrait bien changer aujourd’hui ?

Oui cela fait des années, que l’Union européenne et les Nations Unies essaient de calmer le jeu et notamment les foules nationalistes qui sont de plus en plus bruyantes de chaque côté de la frontière. Un émissaire de l’ONU fait la navette depuis des années. C’est un avocat américain qui s’appelle Matthew Nimetz, il a longtemps travaillé sur le conflit entre Grèce et Chypre lorsqu’il était le conseiller juridique au département d’État sous Jimmy Carter. Aujourd’hui, il pourrait mettre fin à ce conflit. La Macédoine a fait un  geste en renonçant à appeler l’aéroport de sa capitale Skopje, Alexandre le Grand. Elle pourrait aussi accepter de se faire appeler "Nouvelle Macédoine" ou "Haute Macédoine", ce qui serait acceptable par la Grèce qui en échange lèverait son véto pour l’adhésion à l’Europe et à l’OTAN. Si toutefois la Russie d’ici là évite de souffler sur les braises des affrontements communautaires afin de garder une influence dans cette région des Balkans aux portes de l’Alliance atlantique.