Trump rencontre Poutine au Vietnam : un pays qui n'a pas fini de surprendre !

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L’édito international est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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François Clémenceau revient chaque matin sur un évènement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

Good morning Vietnam ! Tout a changé ou presque.

Quatrième étape de sa tournée asiatique, Donald Trump arrive aujourd’hui au Vietnam. Un pays qui n’a pas fini de nous surprendre.

C’est effectivement le pays de tous les paradoxes. En deux générations, cette nation qui a vaincu les États-Unis, au prix d’une guérilla de plusieurs millions de morts, jusqu’au départ dans l’humiliation de Saïgon en avril 75, est devenue un phénomène mutant. D’une économie collectiviste et paysanne, elle est devenue une terre capitaliste où le marché et le profit règnent en maitre. Avec une croissance de 6% en moyenne ces vingt dernières années, le Vietnam a fait passer le seuil de pauvreté de plus de 50% à 3%. Comme en Chine, le parti communiste persécute les religions et les dissidents, mais il y a une forme de débat au sein du régime. Ce n’est pas la perestroïka et la glasnost réunies mais ce communisme-là a indiscutablement réussi à créer de la classe moyenne éduquée au sein de laquelle on peut aimer l'Amérique sans être traité de valet de l'impérialisme.

Sur le plan militaire, que de surprises aussi.

Le Vietnam n’est plus synonyme de cauchemar. La défaite fut cinglante, d’autant plus la leçon des guerres contre-insurrectionnelles n'a pas été retenue, voyez plutôt l’Afghanistan et l’Irak. Mais il y a eu, comme entre la France et l’Allemagne, une paix des braves. Grâce au talent d’anciens combattants aussi prestigieux que John Kerry ou John McCain, le respect mutuel est réapparu mais bien plus : des accords de coopération militaire ont fleuri, l’US Navy peut accoster aujourd'hui à Danang et mener des exercices militaires communs. Pourquoi ? Parce que le Vietnam craint la Chine, son expansionnisme maritime et sa volonté de se doter d’une sphère d’influence docile.

Au Vietnam, Trump ne verra pas uniquement Vladimir Poutine aujourd’hui.

Il vient pour le sommet de l’APEC, le forum régional Asie-Pacifique dont Barack Obama s'était en partie servi pour guider son fameux pivot vers l’Asie, notamment avec un accord de libre-échange Trans-Pacifique. C’est la première chose que Donald Trump a détruit en arrivant à la Maison Blanche. À charge pour lui de recréer du lien avec ces nations d’Asie en plein boom économique en quête d’une stabilité qui ne soit pas uniquement chinoise.