Que faut-il espérer du nouveau round de négos sur la Syrie à Genève ?

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L’édito international est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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François Clémenceau revient chaque matin sur un évènement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

Une huitième séance de discussions doit démarrer aujourd’hui à Genève entre les représentants de l’opposition syrienne et une délégation du gouvernement du président Bachar el-Assad. Faut-il croire une percée ?

C’est vrai que si l’on regarde la chronologie des sept précédents rounds de négociation, force est de constater qu’ils n’ont abouti à rien, ou à si peu. Ce n’est pas vraiment la faute des émissaires des Nations Unies qui se sont succédés dans cette mission quasi-impossible. Kofi Annan puis Lakhdar Brahimi et enfin Stefan de Mistura. Tous ont fait preuve d’une ouverture d’esprit, de bonne volonté, autant de qualités que certains ont dénoncées comme de la naïveté. Car depuis la première séquence où fut élaboré une sorte de feuille de route pour conduire une transition politique, Bachar el-Assad et ses parrains russe et iranien ont tout fait pour vider de leur substance ces bonnes intentions ainsi que la méthode pacifique pour y parvenir.

Et donc aujourd’hui, à quoi sert de se réunir ?

Tout simplement à éviter que si une paix doit voir le jour en Syrie, ce soit une paix russe, celle qu’imposent les vainqueurs aux vaincus. Hier soir aux Nations Unies, la France, le Royaume Uni et les Etats-Unis (la Chine étant des plus discrètes, pour ne pas dire d’une grande lâcheté dans ce débat), ont tenté de faire comprendre à la Russie que la paix en Syrie doit être l’aboutissement d’un règlement sous l’égide de l’ONU. Un exemple : tout le monde est d’accord désormais pour dire que les élections pour désigner un nouveau président et un nouveau Parlement doivent être immaculées, insoupçonnables. Vladimir Poutine a dit qu’il souhaitait qu’il en aille ainsi. Mais est-ce bien le cas de Bachar el-Assad qui sait ce qu’une élection libre et transparente pourrait lui coûter ?

Mais il n’y a pas que l’avenir politique de la Syrie qui est en jeu.

La réalité, ce qui intéresse aussi les syriens (à l’intérieur comme à l’extérieur) c’est la reconstruction de leur pays. Les plus basses estimations parlent d’une facture à 250 milliards de dollars. Autant dire que pas une grande puissance ne s’engagera dans un tel chantier sans avoir des garanties. Hier, le quartier rebelle de la Ghouta dans la banlieue de Damas était à nouveau bombardé : près de 100 morts dont de nombreux enfants, alors qu’il y avait un accord de désescalade sur place, soit disant supervisé par la Russie. C’est dire…