Qassem Soleimani, une personnalité très controversée mais extrêmement puissante

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L’édito international est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Didier François revient chaque matin sur un évènement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

Didier François remplace François Clemenceau le 25 décembre 2017.

Parmi les hommes de l’ombre qui ont joué un rôle clé au cours de l’année 2017, vous avez retenu un militaire iranien. Personnalité extrêmement controversée mais terriblement puissante.

Oui, que ce soit en Irak, en Syrie ou même au Liban, en fait dans tout le Proche Orient, personne ne concentre à ce jour plus de pouvoir entre ses mains que le général Qassem Soleimani. Alors sa fonction, tout à fait officielle, c’est chef des opérations extérieures des Pasdarans, ces fameux gardiens de la Révolution créés en leur temps par l’ayatollah Khomeiny et qui sont toujours le bras armé du régime des mollahs. Et à ce titre, le général Soleimani a été détaché par Téhéran auprès de tous les alliés de l’Iran dans la région pour les aider à coordonner leur combat contre l’Etat islamique. Une sorte de super-conseiller militaire qui s’est d’ailleurs parfaitement bien acquitté de cette tâche puisqu’on le retrouve effectivement en toute première ligne, dès l’été 2014, pour arrêter les colonnes de djihadistes qui déferlaient depuis la Syrie sur l’Irak. Et depuis, il a activement participé à toutes les grandes batailles contre le Califat autoproclamé, à commencer par celle de Mossoul.

Ce qui a d’ailleurs donné lieu à quelques scènes cocasses...

Oui tout à fait, lorsque dans certains postes de commandement avancés, un peu exigus mais où toutes les forces anti-Daesh devaient bien tenter de coordonner leurs efforts, on pouvait parfois voir le général Soleimani croiser d’autres conseillers militaires, occidentaux ceux-là, dont des membres des forces spéciales américaines qui pourtant ne le portent pas vraiment dans leur cœur. Il faut rappeler que le général David Petraeus qui a commandé la 101éme division aéroportée en Irak avant de diriger la CIA, disait de Qassem Soleimani qu’il était un personnage vraiment démoniaque.

Mais pourquoi une telle animosité alors qu’ils combattaient un ennemi commun ?

Eh bien parce que cette alliance n’était que de circonstance. Et maintenant que l’Etat islamique a été militairement défait, on voit resurgir les vieilles compétitions, avec cette volonté iranienne d’assoir son emprise sur la région. Or c’est bien la mission principale de Qassem Soleimani, qui au nom de la lutte contre Daesh, a mis sur pied de très puissantes milices de volontaires chiites qui lui sont totalement dévoués, capables à la fois de soutenir ou de menacer les gouvernements d’Irak, de Syrie ou du Liban sans le moindre état d’âme. Ce qui fait que dans chacun de ces pays, le général Soleimani est bien plus qu’un simple conseiller militaire. Il est en fait un véritable proconsul chargé d’y défendre coûte que coûte les intérêts de la République islamique d’Iran.