Netanyahou s’extrémise de jour en jour

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L’édito international est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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François Clemenceau revient chaque matin sur un évènement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

Un projet de loi prévoyant la peine des morts pour les terroristes a été adopté hier en première lecture au Parlement israélien, vingt-quatre heures après le vote définitif d’une loi visant à empêcher le partage de Jérusalem.

On pourrait se dire que ces deux textes sur lesquels vient de se prononcer la Knesset n’ont a priori rien à voir. L’un vise à renforcer l’arsenal pénal des tribunaux militaires en Cisjordanie occupée et l’autre est bien plus stratégique puisqu’elle stipule que la moindre concession de territoire aux palestiniens dans le périmètre de Jérusalem devra être approuvée par un vote de la Knesset, non pas à la majorité simple de 61 voix mais par 80 voix, ce qui compte tenu de la mosaïque politique israélienne constitue une majorité quasi-introuvable.

Et pourtant, il y a selon vous un dénominateur commun à ces deux démarches des députés israéliens.

Oui, c’est une dérive dans la radicalité, lente, progressive mais de plus en  plus visible et sur pratiquement tous les terrains de la vie politique, sociale, militaire et diplomatique d’Israël. Le dernier condamné à mort et exécuté par pendaison en Israël fut le criminel de guerre nazi Adolf Eichmann, capturé par le Mossad en Argentine. Vouloir aujourd’hui menacer de la peine de mort les terroristes revient à comparer les palestiniens qui attaquent ou tuent des israéliens, à des nazis. Car dans le discours officiel israélien, toute violence criminelle contre un citoyen israélien est un acte de terrorisme. Mais cela signifie aussi et surtout que la droite et l’extrême droite au pouvoir ne font plus confiance dans la justice, ni même dans les juges militaires. Ce qui constitue une rupture sur le plan démocratique.

Et pour la loi sur Jérusalem.

Même chose. Cette loi a été votée sous la pression des alliés d’extrême droite du premier ministre, mais elle a été adoptée quelques jours seulement après une résolution du comité central du Likoud, le parti de Netanyahou, qui veut travailler sur un projet d’annexion des colonies de Cisjordanie, ce qui interdirait là aussi toute négociation sur leur sort. Autant de gestes destinés à empêcher toute solution à deux États avec les Palestiniens. Le premier ministre avait pourtant déclaré qu’il y était favorable dès 2009. Mais mandat après mandat et jour après jour, surtout depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, l’exécutif israélien s’éloigne de l’héritage de courage politique ou de réalisme des premiers ministres de droite en Israël : Begin, Shamir et Sharon qui ont su faire la paix avec l’Égypte, reconnaitre l’OLP et évacuer Gaza.