Mike Pence est-il plus dangereux que Donald Trump ?

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L’édito international est une chronique de l'émission Toute l'info du week-end
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François Clemenceau revient chaque matin sur un évènement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

Mais qui est donc vraiment Mike Pence ?

Le vice-président américain vient de vivre en Israël un rêve personnel, confirmer le déménagement de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem. C’est pour 2019. Et si Mike Pence visait la présidentielle de 2020 ?

À tous ceux qui pensent que Donald Trump n’en a que pour quelques mois, que tôt ou tard, l’enquête russe le rattrapera et qu’il finira devant un grand jury avec une possible destitution à la clef, il faut rappeler qu’en cas de vacance du pouvoir, c’est le vice-président qui prend sa place et qui termine le mandat. Ce fut le cas de Lyndon Johnson après la mort de Kennedy et de  Gerald Ford après la démission de Nixon. Un vice-président aux Etats-Unis, comme le veut la formule, se trouve donc à un battement de cœur du Bureau Ovale. La plupart du temps, il reste dans l’ombre et veille à soutenir le président dans tout ce qu’il fait et tout ce qu’il dit. Mike Pence n’a pas dérogé à la règle avec Donald Trump, il a même profité d’un conseil des ministres à la veille de Noël pour dire, devant tout le monde et en présence des caméras, que Donald Trump avait une vision, un courage et une stratégie remarquables et que le pays lui devait beaucoup. On peut appeler cela de la flatterie comme on en fait plus, mais dans son cas, c’est aussi beaucoup d’hypocrisie.

Pourquoi ?

Parce que, par bien des aspects, Donald Trump représente pour Pence ce qu’on fait de pire. Il n’a pas d’idéologie, il est vulgaire et inconstant, et il n’a pas de morale ni de spiritualité, il n’y a qu’à voir la façon dont il vit ses mariages et sa vie de famille. Pence, lui, est un pur et dur, un soldat de la droite chrétienne ultra. Proche du Tea Party, qu’il juge parfois un peu trop mou, c’est aussi un créationniste et un born again, c’est-à-dire un homme qui a retrouvé sa foi sur le tard et qui en devient un prosélyte zélé. C’est donc tout naturellement qu’il est anti-avortement et en faveur de la fin des subventions fédérales au Planning familial. À la différence des chrétiens évangéliques qui ont appris à devenir écologistes sur le tard, lui ne croit pas au réchauffement climatique et ce n’est pas uniquement pour recevoir les dons massifs de l’industrie pétrolière et automobile. C’est parce qu’il est messianiste qu’il croit à Jérusalem capitale d’Israël, sinon le Christ ne pourra pas revenir sur Terre pour le Jugement dernier.

Quelles sont ses chances de devenir président ?

Si les démocrates remportent les élections de mi-mandat en novembre prochain, et que la présidence reste aussi chaotique qu’aujourd’hui, il est possible que Donald Trump jette l’éponge en 2020. Auquel cas, Pence aurait tort de ne pas tenter sa chance et de se lancer dans une grande réconciliation de la droite américaine. D’autres en sont capables mais lui seul sera resté en réserve aux premières loges pour s’imposer de l’intérieur. Et si les démocrates n’ont pas trouvé leur champion d’ici là, alors tout est possible.