L'ONG Transparency présente son rapport sur la corruption

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L’édito international est une chronique de l'émission Toute l'info du week-end
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François Clemenceau revient chaque matin sur un événement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

L’ONG Transparency International publie aujourd’hui son rapport annuel sur la corruption dans le monde, pays par pays. Les deux tiers d’entre eux n’ont pas la moyenne.

C’est toujours assez effrayant de regarder ce tableau annuel, d’autant que l’an passé Transparency notait que, globalement, la perception de la corruption avait tendance à s’aggraver. On peut toujours se consoler en se disant que nul n’est parfait, qu’aucun pays au monde n’a 10/10, car les critères de l’ONG sont extrêmement exigeants, mais on aurait tort de penser que ce sont forcément les pays les plus pauvres qui sont le plus corrompu et les plus riches, les plus intègres. Par exemple, vous avez des pays d’Afrique comme le Bostwana ou le Cap Vert qui obtiennent de meilleures notes que l’Italie ou la Grèce.

Ce qui vous frappe, c’est le score des pays émergents.

Oui, c’est une tendance très préoccupante. Si vous ne prenez que les cinq pays qui forment les BRICS, le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, vous vous apercevez que leur croissance et leur prospérité, même si elles ont tendance à stagner depuis quelques années, n’ont pas été accompagnées de réformes qui permettent de limiter la corruption afin que le progrès soit mieux partagé.

Autrement dit, la croissance, dans ces pays, crée plus d’inégalités. C’est le cas en Chine et en Inde qui n’obtenaient l’an passé pas plus de 4 sur 10. C’est frappant au Brésil où les scandales politico-financiers s’accumulent. Depuis 2012, la note du Brésil est passée de 4,3, ce qui est très médiocre, à 4. Autre exemple, la Russie : la Russie est à 2,9 sur 10, aucun progrès en 4 ans. Et le dernier rapport de Transparency sur les 200 plus grandes entreprises russes, qui contribuent à 70% du PIB du pays,  montre que 32 d’entre elles atteignent tout juste la moyenne.

Pas étonnant donc que ce fléau de la corruption fasse naître de l’instabilité politique.

Oui, c’est comme dans un cercle vicieux : plus il y a de la corruption, plus les inégalités s’accroissent, plus les mouvements sociaux prennent de l’ampleur, plus les crises politiques s’enchaînent. Sauf lorsque les régimes autoritaires répriment la contestation, comme en Russie où l’on oublie pas que l’opposant Alexei Navalny s’est d’abord affiché comme candidat anti-corruption avant d’être interdit de participer à la présidentielle du mois prochain, ou au Venezuela où les partis hostiles à Maduro ont mis en avant la corruption du pouvoir ou au Congo-Kinshasa qui obtenait l’an dernier une note de 2 sur 10.

Quels étaient l’année dernière les premiers de la classe ?

Le Danemark et la Nouvelle-Zélande avec 9 sur 10. Mais ces places sont chères, il ne suffit pas d’avoir le bon arsenal législatif qui prévient et qui sanctionne la corruption, il faut les appliquer. La France était l’an dernier 27ème au classement mais 9ème seulement au sein des pays de l’Union européenne. Il y a des marges de progrès.