L’Europe sanctionne le Venezuela au bord de la faillite

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L’édito international est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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François Clémenceau revient chaque matin sur un évènement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

L’Union européenne sanctionne un Venezuela au bord de la faillite
L’Europe a décidé hier de décréter un embargo sur les armes et sur tout moyen de répression et de surveillance de l’opposition vénézuélienne. Un geste qui coïncide avec une quasi-cessation de paiement du pays.

Ce qui permet de se poser de la question : à quoi sert de punir un régime alors que son économie est littéralement exsangue ? Le gouvernement de Nicolas Maduro a convoqué pour mercredi prochain ses créanciers internationaux pour tenter de lisser ses remboursements. Ce qui laisse penser que le régime n'a plus de devises. Une facture de presque un milliard a été payée la semaine dernière et il se pourrait que ce soit la dernière. Le FMI, d’ordinaire attentif à ne pas laisser un État s’effondrer brutalement estime cependant que le régime chaviste dissimule la réalité des chiffres de ses déficits, de ses dettes et de ses recettes. Autrement dit, il pourrait simuler la faillite ou au contraire être déjà dans le gouffre.

Mais l’Europe donc, malgré tout, a décidé de punir le Venezuela.

Oui mais les sanctions prises ne sont pas économiques. Elles sont politiques. Elles ne visent pas la population civile mais uniquement le régime. Embargo sur les moyens de répression, cela signifie que la police et les services de sécurité ne pourront plus se fournir en matériel auprès de l’Europe des 28. Et qu’aucune société de sécurité privée ne pourra vendre à Caracas des moyens d’écoute, de brouillage ou d’interception des communications de l’opposition, notamment sur le Web et les réseaux sociaux. En décembre, les chefs d’États européens dresseront même une liste de cadres du régime qui seront interdits de voyager en Europe et qui verront leurs avoirs en Europe gelés.

Mais n’est-ce pas alors un peu tard ?

Peut-être que ces sanctions auraient pu être prises immédiatement après la répression très violente de l’été dernier qui a fait plus de 100 morts, mais les sanctions ne valent aussi que si elles permettent à chaque fois de donner une porte de sortie aux autorités et là en l’occurrence de les contraindre à négocier avec l’opposition, même si le pouvoir a réussi à la diviser. Mais ces sanctions ont le mérite d’être en phase avec les convictions des élus européens au parlement qui ont décidé le mois dernier de décerner leur prix Sakharov annuel à l’opposition démocratique du Venezuela.