En Syrie, sept ans de guerre et aucune perspective de paix

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L’édito international est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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La guerre en Syrie entrera vendredi dans sa huitième année, avec un sinistre bilan : au moins 350.000 morts et des millions de réfugiés et de déplacés.

On a beau chercher les comparaisons, cette guerre est assez unique en son genre. Elle ne peut pas être comparée à la guerre Iran-Irak qui a duré huit ans également, mais qui était un conflit entre deux Etats qui, du fait de leurs puissances militaires respectives, ont causé énormément de pertes, entre 600.000 et un million de morts. Ce conflit aussi reposait en partie déjà sur des bases religieuses entre sunnites et chiites, et engagea également des puissances extérieures, notamment les Occidentaux aux côtés de l’Irak de Saddam Hussein. Il donna aussi lieu à l’usage d’armes chimiques. Quant à la paix, elle fut possible grâce à aux Nations Unies. Son patron de l’époque, Javier Pérez de Cuéllar, avait dit : "Si vous aviez accepté notre médiation plus tôt, on aurait évité cette boucherie".

Épuration ethnique et religieuse. La guerre en Syrie ne ressemble pas non plus à celle qui a agité les Balkans dans les années 1990. Celle-ci a duré moins longtemps, a causé moins de victimes, et l’horreur s’est concentrée principalement sur la Bosnie. Comme en Syrie, il y a eu de l’épuration ethnique et religieuse et des massacres de civils, et des soutiens étrangers, de la Russie et de la Turquie en particulier. Mais si la paix a été plus rapide, c’est parce que l’Onu puis l’Otan ont été très actives.

L'influence des soutiens de Damas. En Syrie, le plan de paix des Nations Unies est sur la table depuis le début ou presque. La responsabilité majeure vient des soutiens au régime de Bachar al-Assad, l’Iran puis la Russie, mais aussi de l’implication des autres puissances régionales, l’Arabie saoudite et surtout la Turquie, qui a fait de la question kurde une guerre dans la guerre. L’émissaire spécial des Nations Unies pour la Syrie, Steffan de Mistura rendra son rapport jeudi au Conseil de sécurité. Tout le monde s’accorde à dire qu’aucune paix ne pourra être signée sans que la Russie, qui dispose du droit de véto au Conseil de sécurité, ne soit d’accord avec les termes d’un possible accord. Raison pour laquelle, elle cherche à imposer une paix qui se fasse à ses conditions.

La question terroriste. Enfin, rappelons que Daech n’est pas née en Syrie mais en Irak. Cette organisation terroriste s’est imposée en Syrie grâce au chaos qui y régnait depuis déjà trois ans. Lutter contre elle en priorité, avec les forces de la coalition anti-djihadiste, a permis à la guerre civile entre syriens de continuer et à Bachar al-Assad et ses alliés de reconquérir Alep ou Homs. Mais maintenant que Daech est presque hors d'état de nuire, le régime et ses parrains doivent rendre des comptes.