Les droits des femmes dans le monde, c'est le jour et la nuit

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L’édito international est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
Partagez sur :

François Clemenceau revient chaque matin sur un évènement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

Les droits des femmes dans le monde, c’est le jour et la nuit

À l’occasion de cette journée internationale, chacun évidemment voit midi à sa porte. En Europe, on s’intéressera surtout à la parité et au salaire égal, mais ailleurs dans le monde, la majorité des femmes restent outrageusement discriminées et opprimées.

Oui, lorsqu’on travaille sur ce chantier des droits des femmes, c’est assez normal de commencer par regarder d’abord chez soi, et c’est peu de dire que l’Europe reste aujourd’hui dans le monde l’un des très rares espaces de progression de ces droits, que ce soit dans le domaine du travail, de l’accès à l’éducation et au planning familial, même s’il reste beaucoup à faire : les salaires des femmes restent par exemple en Europe inférieurs en moyenne de 16% par rapport à ceux des hommes et il n’y a en moyenne qu’une femme pour trois hommes dans les conseils d’administration des entreprises. Il reste beaucoup à faire aussi dans la lutte contre les violences conjugales et pour le droit à la contraception ou à l’avortement. Au fur et à mesure que certaines nations progressent, d’autres régressent : la Pologne, la Slovaquie ou Malte par exemple.

Mais presque partout ailleurs, c’est pire.

Alors ça varie beaucoup parce que sur chaque continent, il y a des exceptions. Au Canada dont la législation est pourtant très progressiste, les salaires des femmes sont inférieurs de 26% à celui des hommes mais il y a deux fois moins de violence conjugale qu’en France. Aux États-Unis, la loi fédérale prévoit que l’on peut avorter jusqu’à vingt semaines de grossesse mais dans certains États fédérés les cliniques où se pratiquent les IVG se comptent sur les doigts d’une seule main. Dans le monde, 130 millions de jeunes filles ne sont toujours pas scolarisées et la grande majorité d’entre elles vivent en Afghanistan et dans neuf pays d’Afrique, pratiquement tous au Sahel. 214 millions de femmes dans le monde en âge de procréer n’ont pas accès à la contraception. En Asie ou dans les Caraïbes, le nombre de femmes utilisant un moyen contraceptif moderne pour réguler les naissances est resté quasiment le même ces dix dernières années.

Mais il y a aussi des victoires qui ne doivent pas être occultées ou minimisées.

C’est vrai qu’on a toujours tendance, vu d’Europe, à hausser les épaules lorsque de nouveaux droits sont accordés aux femmes dans des pays extrêmement conservateurs. Par exemple en Arabie Saoudite avec le droit récent de conduire pour les femmes, ou en Iran pour aller dans les stades, ou au Liban, en Tunisie ou en Jordanie, lorsque les lois qui autorisaient un violeur à se marier à sa victime pour réparer son délit ont été abolies cette année. Et lorsque l’année dernière le premier orchestre afghan entièrement féminin  a pu se rendre pour la première fois en Europe, on aurait dû, peut-être, ne pas se focaliser sur le léger voile qu’elles avaient sur les cheveux mais sur le fait que la musique a été enfin autorisée en Afghanistan et que ces musiciennes risquent la mort chaque jour pour jouer du violon ou du piano.